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Corinne Lepage présente sa campagne présidentielle et ses propositions sur le site www.corinnelepage.fr et a créé aussi le site "à vos droits citoyens" avec 10 propositions mises en débat pour renouveler notre constitution et donc le fonctionnement de notre démocratie www.avosdroitscitoyens.fr

Le site sur les gaz non conventionnels et les risques liés à leur exploitation créé par CAP21 : http://deleaudanslegaz.com

2 juin 2006 5 02 /06 /juin /2006 13:27

Le développement durable est généralement présenté comme l’instauration de nouveaux modes de production et de consommation adaptés à la réalité des ressources. On oublie souvent que la question du gouvernement et de la façon dont on obtient le consentement des citoyens sur des questions certes techniques mais touchant souvent leur quotidien le plus concret, est la dimension fondamentale de ce nouveau concept économique. Le principe de précaution qui le sous-tend nous rappelle que nous sommes sortis de l’insouciance dans le progrès technique et scientifique pour prendre conscience de l’irréversibilité de certaines décisions politiques et de notre responsabilité à l’égard des générations futures.

L'exemple des organismes génétiquement modifiés illustre parfaitement le propos. En effet, la stratégie d'implantation des organismes génétiquement modifiés en Europe, telle qu'elle avait été définie au milieu des années 1990 par les entreprises du secteur des semences agricoles peut être décrite comme l’antithèse des bases philosophiques du développement durable :

- Un principe de précaution ignoré puisque aucune étude d’impact sur l’environnement biologique, ni sur la santé n’a été exigé au préalable avant le développement massif d’une biotechnologie modifiant une donnée aussi fondamentale que le code génétique. Ainsi, la question de la coexistence avec des cultures non modifiées, et à fortiori bio, a été volontairement ignorée ce qui laissait obligatoirement à la charge de ces agricultures les risques et surcoûts éventuels.

- Un principe de liberté de choix du consommateur délibérément bafoué avec un investissement publicitaire promotionnel sans précédent destiné à anéantir toute tentative d'information objective sur les risques inhérents aux OGM et à limiter la question des organismes génétiquement modifiés à une question de commerce de semences afin d'éviter tout débat politique interne et international.

Heureusement pour nous, en respectant les valeurs qui sous-tendent le développement durable, l’Europe a pu contenir un déploiement irraisonné des OGM sur notre continent. Ces derniers ne représentent aujourd’hui que 0,2 % du territoire agricole européen.

- l'application du principe de précaution a conduit à un moratoire et à une directive exigeante en terme d'études d’impact sur la santé et l'environnement ;

- le respect du droit à une information indépendante et impartial dans l’intérêt du public ont permis l’apparition d’experts indépendant de l’industrie agro-semencière capables de mettre en lumière les risques pour la santé publique occultés par les fables idylliques des vendeurs d’OGM. À cet égard, une association comme le CRII-GEN, qui a suscité notamment en Italie et en d'Angleterre des les organes comparables, a joué et continue à jouer un rôle pilote.

Ce respect des principes et valeurs du développement durable a permis en retour d’une part, l’organisation d’une opposition internationale aux OGM fondée sur le refus de l’appropriation du vivant et la défense de l’indépendance du monde paysan en terme de souveraineté alimentaire, d’autre part le refus massif et permanent des consommateurs de consommer des OGM qui a conduit la grande distribution à proposer des gammes non OGM et à appliquer strictement les règles de traçabilité et d'étiquetage.

Cependant, en France, nous ne sommes qu'au milieu du gué et, si les effluves du développement durable se sont faits sentir, nous n'en sommes pas encore au parfum. En effet, une réelle application des principes du développement durable conduirait à des politiques bien différentes de celles qui sont menées ici.

-- le principe de précaution n'est, en réalité, appliqué que sur le papier. Et tout se passe comme si l’Etat de droit était personna non grata dans le domaine des OGM. En effet, les études exigées par la directive de 2001ne sont pas réalisées, alors même que des autorisations sont délivrées. Les rares études effectuées sur des rats nourris avec des OGM et montrant des effets biologiques significatifs sont couvertes par le secret industriel et interdites de communication par le gouvernement français en violation ouverte des règles communautaires et des décisions la commission d'accès aux documents administratifs. Ainsi, les autorisations de semence sont données alors que les ministres savent pertinemment, puisqu'ils ont été condamnés à la fois par la juridiction communautaire et la juridiction nationale, qu'elles ne peuvent être délivrées. Dans le même temps, les maires, les présidents de région ou de départements se voient sanctionnés lorsqu'ils veulent s'opposer à ces mises en culture abusivement autorisées. Et lorsque des référendums locaux sont organisés – les résultats en défaveur des OGM ne s’étant jamais démentis – ils sont décrétés illégaux par la juridiction administrative.

-- les questions de responsabilité et d'assurance ne sont pas prises en charge de telle sorte que le risque OGM pèse en réalité sur les populations à la fois sur le plan sanitaire et sur le plan financier.

-- la recherche publique continue à se désintéresser quasi totalement des effets des OGM sur la santé et l'environnement jouant de fait la carte de l'irréversibilité, souhaitée par les fabricants d'OGM.

Bref, tout se passe comme si la question des OGM devait être un débat confisqué avec des citoyens congédiés alors qu’ils sont la source de la légitimité politique. Dans ces conditions, et même lorsqu'on est légaliste, il paraît bien difficile de ne pas comprendre l'action des faucheurs volontaires.

Le développement des OGM à l’échelle européenne et nationale ne peut plus se faire sans l’accord des citoyens et cela nécessite de connaître de façon objective leurs effets en termes sanitaires et environnementaux pour les générations futures. Afin d’assumer démocratiquement notre responsabilité politique à l’égard de nos enfants, il est souhaitable d’organiser un grand débat démocratique permettant la confrontation libre des points de vue et l’expression d’un choix par voie référendaire. Cette confiance dans le choix populaire est le prix nécessaire à payer pour redonner confiance dans l’Europe et dans la politique.

Corinne Lepage, le 2 juin 2006

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Published by Corinne LEPAGE - dans Gouvernance écologique
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- Sortir du Nucléaire,

- Contre l'exploitation des gaz de couche.

  • A Lille au Collectif "Place aux piétons et pour la mobilité douce"  pour une piétonnisation de la Grand Place de Lille dans un contexte de mobilité incitant à l'utilisation de transports doux (marche, vélo,...).
  • A Lesquin au Collectif "Lesquin Objectif 0,6" dans le cadre d'un combat des habitants pour une meilleure protection vis à vis des ondes électromagnétiques.

 

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