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Sites à utiliser ... sans retenue

Corinne Lepage présente sa campagne présidentielle et ses propositions sur le site www.corinnelepage.fr et a créé aussi le site "à vos droits citoyens" avec 10 propositions mises en débat pour renouveler notre constitution et donc le fonctionnement de notre démocratie www.avosdroitscitoyens.fr

Le site sur les gaz non conventionnels et les risques liés à leur exploitation créé par CAP21 : http://deleaudanslegaz.com

29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 17:33

Voici un petit résumé des conclusions du Grenelle de l'Environnement et une petite compilation des réactions en France


Part du bio: objectif 6% en 2012

NOUVELOBS.COM | 25.10.2007 | 18:04

Les participants du Grenelle espèrent que cette proportion atteindra 20% en 2020, contre 2% actuellement.

Les partipants au Grenelle se sont accordés jeudi 25 octobre sur l'annonce d'un objectif portant la part du "bio" dans l'agriculture française à 6% en 2012 et 20% en 2020, contre 2% actuellement, rapporté par les ONG.  
Ces objectifs concernent la part du "bio" sur l'ensemble des cultures (SAU, surface agricole utile).  
Ils seront accompagnés d'un doublement du crédit d'impôts aux agriculteurs déterminés à passer à la culture biologique, selon Emmanuelle Brisse de Greenpeace.  
Les premières avancées sur le bio doivent être également appuyées par une décision, encore en négociation, de réserver 20% des commandes publiques dans la restauration (cantines) aux produits biologiques, a-t-elle précisé.  
 
Une certification "Haute valeur environnementale"
 
"C'est satisfaisant", estime la fédération France Nature environnement (FNE, 3.000 associations). "Cependant cette mesure (d'augmentation des cultures biologiques) doit s'accompagner d'une démarche environnementale au profit de l'agriculture conventionnelle", a insisté son porte-parole Arnaud Gossement.  
La FNE réclame dès 2008 une certification nationale "Haute valeur environnementale" (HVE) pour les exploitations les plus respectueuses de l'environnement.
 

Borloo annonce le gel des cultures OGM

NOUVELOBS.COM | 25.10.2007 | 18:04

Le ministre de l'Ecologie souhaite attendre le vote de la loi sur les OGM en janvier 2008 pour reprendre ces cultures.

Jean-Louis Borloo annonce un gel sur les cultures de maïs génétiquement modifié jusqu'à l'examen de la loi sur les OGM "dès janvier 2008". "On garde le gel du Mon 810 (maïs transgénique produit par la société Monsanto, le seul OGM cultivé en France) jusqu'au vote de la loi qui interviendra avant les prochains semis", a–t-il déclaré à sa sortie de la table ronde consacrée à l'agriculture et la biodiversité. 
 
Mise en place d'une Haute autorité indépendante
 
Il a précisé que le principe d'une loi réglementant les OGM en janvier a été entériné, de même que la mise en place d'une Haute autorité indépendante. 
La loi devra décider de la question des essais en plein champ pour la recherche, a également indiqué le ministre. Jaqcues Pasquier, membre de la Confédération paysanne, a expliqué à nouvelobs.com que ce moratoire n'aura que peu d'effet, car la loi ne sera pas votée avant le printemps, or, on ne sème pas de maïs avant mai. La FNSEA s'est dite "satisfaite" des décisions adoptées à la fois sur les OGM.
 

Pesticides : les réactions

NOUVELOBS.COM | 25.10.2007 | 18:04

Les réactions après la troisième table ronde finale, jeudi 25 octobre, consacrée notamment aux pesticides et aux OGM.  
 
L'Union des industries de la protection des plantes
(UIPP) : Sur les pesticides, "la réalité l'a emporté sur l'émotion et l'agriculture pourra continuer à être un secteur important de l'économie française".  
Quant à la proposition du ministre de l'Agriculture Michel Barnier d'interdire, d'ici 2012, les 47 substances "les plus préoccupantes", l'UIPP considère que "les critères retenus sont contraires aux principes européens qui se basent sur l'analyse et la gestion des risques". 
"Parmi les 47 substances, il y en a, comme des herbicides et des fongicides, qui sont indispensables à la production de cultures saines à des prix économiquement acceptables". (Déclaration à l'AFP, jeudi 25 octobre) 
 
Serge Lepeltier, ancien ministre de l'Ecologie (UMP/Radical) : "On est dans un changement d'échelle avec les mesures sur le bâtiment, les transports et l'énergie". 
Il a estimé que le triplement de la part de l'agriculture bio d'ici 2012, était un "objectif très ambitieux". 
Concernant les pesticides "c'est une déception". "Il fallait aller vers une diminution et un délai acté". "la question de la taxe carbone est fondamentale, c'est l'élément clé de la solution pour lutter contre le changment climatique". (Déclaration à l'AFP, jeudi 25 octobre) 
 
La FNSEA, syndicat agricole : "Nous sommes satisfaits, car nous avons obtenu l'assurance de l'adoption d'un loi sur les OGM et d'un plan de réduction de l'utilisation des pesticides sans calendrier", a déclaré Pascal Féret, vice-président. (Déclaration à l'AFP, jeudi 25 octobre) 
 
Marie-Christine Blandin, sénatrice Verte du Nord et coprésidente d'un des groupes de travail du Grenelle de l'environnement, sur la biodiversité : "Nous avions une décision actée sur une réduction de moitié de la fréquence des traitements pesticides sur dix ans, mais M. Lemétayer (patron de la FNSEA, le principal syndicat agricole) a pris prétexte d'une fuite (de l'information) pour faire rouvrir le débat et a rebattu les cartes". Jean-Michel Lemétayer "a tenu son épée plantée dans le dos du ministre" de l'Agriculture Michel Barnier, "il a menacé de partir et est revenu en arrière sur ce qui avait été acté par le groupe", s'est-elle insurgée. Au final, ce qui était apparu comme une avancée spectaculaire du Grenelle se traduit par un engagement, sans calendrier, de réduire de "moitié les usages des pesticides (sous réserve) de méthodes alternatives". "Autant dire rien". "Champagne pour la FNSEA: c'est quand on veut si on veut". (Déclaration au sortir de la table-ronde, jeudi 25 octobre) 
 
La Confédération Paysanne : "Il faut un moratoire long de trois ans car les centaines d'agriculteurs qui veulent cultiver des OGM ne doivent pas pénaliser les dizaines de milliers de paysans qui cultivent des productions avec des signes de qualité", a déclaré Régis Hochart, porte-parole du deuxième syndicat agricole. "Il n'est d'ailleurs pas exclu que la Commission européenne donne prochainement un avis négatif sur les cultures de maïs OGM". 
Concernant la diminution de 50% de l'usage des pesticides, qui sera conditionnée à la mise en place de "méthodes alternatives" et sans calendrier, il a affirmé que c'était une "énorme erreur". "On aurait dû décider un délai et en même temps financer un programme de recherche qui étudie notamment l'action des acteurs biologiques comme des insectes pour lutter contre les maladies affectant les productions agricoles". (Déclaration à l'AFP, jeudi 25 octobre) 
 
Michel Barnier
, ministre de l'Agriculture juge nécessaire d'interdire les 47 substances "les plus préoccupantes" dont 30 en 2008, 10 en 2010 et le reste d'ici à 2012, estimant que sa proposition serait retenue dans les décisions suivant le Grenelle de l'Environnement. "Il faut aller le plus vite possible pour la réduction de 50%, mais il y a besoin de protéger les cultures car les agriculteurs n'utilisent pas ces produits par plaisir mais par nécessité pour lutter contre les maladies". 
"Il faut être réaliste, car il faut trouver des solutions alternatives aux pesticides". (Déclaration à l'AFP, jeudi 25 octobre)
 

Pesticides : Barnier veut interdire 47 substances d'ici 2012

NOUVELOBS.COM | 25.10.2007 | 18:04

Le ministre de l'Agriculture veut bannir 30 molécules préoccupantes en 2008, 10 en 2010 et le reste d'ici 2012.

Michel Barnier (AFP)

Michel Barnier, ministre de l'Agriculture, a suggéré l'interdiction de 47 substances de pesticides qu'il juge "les plus préoccupantes", a déclaré jeudi 25 octobre le ministre à l'AFP.  
Selon le relevé officiel de conclusion de la table ronde du Grenelle de l'environnement qui s'est tenue jeudi matin, la diminution de 50% de l'usage des pesticides dans l'agriculture française sera conditionnée à la mise en place de "méthodes alternatives" et sans calendrier.  
Michel Barnier estime qu'il est nécessaire d'interdire 30 molécules préoccupantes en 2008, 10 en 2010 et le reste d'ici 2012. Le ministre pense que sa proposition devrait faire partie des décisions retenues à la suite du Grenelle. 
Selon Michel Barnier, "il faut aller le plus vite possible pour la réduction de 50%, mais il y a besoin de protéger les cultures car les agriculteurs n'utilisent pas ces produits par plaisir mais par nécessité pour lutter contre les maladies". 
"Il faut être réaliste, car il faut trouver des solutions alternatives aux pesticides", a ajouté le ministre. (AFP)

Pour les Verts, le Grenelle se résume surtout à des belles paroles

25/10/2007 17:38


Dominique Voynet à Quimper le 26 août 2007 
© AFP

Les Verts ont manifesté jeudi leur déception devant les résultats annoncés du Grenelle de l'environnement, y voyant surtout de belles paroles creuses, au risque de paraître dénigrer une initiative dont ils ne pouvaient que soutenir le principe. 
"Dans le discours, c'est une victoire de l'écologie, mais c'est une victoire amère", a noté la secrétaire nationale Cécile Duflot, résumant la contradiction. Pour elle, "on achète les mots, les idées, les formules, et on les vide de tout contenu". 
"Les grands discours, très bien, mais il ne suffit plus de dire, il faut faire et dire comment on le fait", a déclaré de son côté l'ex-candidate à la présidentielle, Dominique Voynet. 
Noël Mamère, député-maire de Bègles (Gironde), a été plus virulent, dénonçant une "opération de diversion et d'enfumage" de la part du président de la République, qui "montre son vrai visage, celui de la duplicité". 
Qualifiant les mesures annoncées de "cosmétiques", il a fustigé "une grande victoire des lobbies contre l'intérêt général". 
Dès le départ, les Verts avaient manifesté un vif intérêt pour ce Grenelle qui débattait de tous les sujets qui leur sont chers, regrettant même que la gauche au pouvoir ne l'ait pas organisé et exprimant le souhait d'y participer. Ils ont ensuite demandé, en vain, que les partis aient un statut d'observateurs. 
Se réjouissant à tout le moins qu'une dizaine de Verts y participent à titre de membres d'ONG ou d'élus, le parti écologiste a mis en place un comité de suivi et d'évaluation des travaux. Une bonne partie de ses Journées d'été y avait d'ailleurs été consacrée. 
Mais dans le même temps montait la suspicion sur l'aboutissement du processus. 
Craintes selon eux fondées, les Verts dénonçant jeudi des avancées purement "formelles" sur des sujets essentiels, comme les OGM ou les autoroutes, et un "black-out" sur le nucléaire. 
Pour le porte-parole Yann Wehrling, on dit abandonner les projets autoroutiers à l'exception de ceux visant "à contourner les villes ou éviter les points noirs", soit selon lui l'immense majorité. 
Sur les OGM, on gèle les cultures jusqu'en janvier -une période où justement il n'y a pas de semis- et on laisse la porte ouverte à l'expérimentation en plein champ, que les Verts refusent. 
Sur les pesticides, on veut réduire leur usage, mais sans se donner de calendrier, et sous réserve de trouver des "méthodes alternatives". 
"C'est quand on veut si on veut, autant dire rien", proteste la sénatrice Marie-Christine Blandin, vice-présidente du groupe de travail sur la bio-diversité. 
Enfin, les Verts notent que M. Sarkozy a renvoyé à l'Europe une éventuelle taxation des produits "importés de pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto", ce qui a peu à voir avec la mise en place d'une taxe carbone sur tous les produits, qu'il s'est seulement engagé à étudier. 
"On peut espérer un sursaut de la mobilisation citoyenne pour faire appliquer quelques décisions du Grenelle", voulait pourtant espérer Cécile Duflot.

Site : Marianne2.fr

L'écologie : une révolution durable ?

Par Nicolas Domenach, directeur-adjoint de la rédaction de Marianne.

Il faudrait être des schtroumpfs particulièrement grincheux pour ne pas constater la révolution, et même les révolutions qui se produisent sous nos yeux myopes. Pour la première fois d'ailleurs, dans ce pays gaulois, discutailleur et batailleur, des élus, de gauche et de droite, des responsables d'associations environnementales et patronales, des syndicalistes, des représentants d'usagers ont pu se mettre autour d'une table sans affrontement ni conflit violent préalable. Ils se sont parlés, se sont disputés, certes, mais ils ne se sont pas fâchés. Ils ont – incroyable ! – travaillé ensemble pour essayer d'avancer. Cette démocratie du dialogue, c'est déjà une révolution dans ce pays bloqué. On imagine, on rêve de ce que cela pourrait donner si l'on étendait cet échange démocratique à quelques autres sujets vitaux comme l'immigration ou l'éducation.  
 
Cette proposition de concertation avait d'ailleurs déjà été faite à Jacques Chirac autrefois, par quelques-uns de ses vieux amis qui l'avaient supplié de profiter de sa fin de règne pour lancer ainsi quelques chantiers transversaux, mobiliser toute la nation sur deux ou trois objectifs qui lui auraient permis de partir en beauté. Chirac n'a pas osé. Comme Mitterrand, l'ancien chef de l'Etat était trop imprégné de notre culture hémiplégique nationale pour oser jouer à saute frontière droite-gauche.  
 
Nicolas Sarkozy, au contraire, y a vu tout l'intérêt politique qu'il pourrait tirer de ce grand chambardement. Lui qui n'était rien moins qu'écolo, le voilà qui, (se) pose comme révolutionnaire vert, leader maximal et mondial de la révolution écologique ! Mais il faut dire que les esprits étaient prêts, et poussaient même à ce bouleversement. La révolution s'est faite ces dernières années dans les têtes à la vitesse accélérée de la dégradation du climat et de l'environnement.  
 
Le réchauffement de la planète, la pollution envahissante des terres, des mers, de l'air, ont rendu l'opinion toujours plus verte et produit des changements de mode de mentalité considérables chez les dirigeants économiques et politiques. Ainsi, le patronat autrefois résolument anti-écolo a-t-il opéré une mue radicale, d'abord aux Etats-Unis, et maintenant en Europe. Les organisations patronales ont compris que l'écologie pouvait être une source de profit considérable et, non seulement elles ont cessé de s'opposer à la défense de l'environnement mais, au contraire, elles ont investi ce terrain en force. Ainsi le Medef a-t-il mobilisé pas moins de 450 experts pour ce Grenelle de l'Environnement, ce qui lui a permis de s'imposer souvent dans les discussions et pas toujours en contre car les intérêts pouvaient se rejoindre, par exemple, pour tout ce qui est rénovation et isolement des bâtiments.  
 
Les politiques aussi, les politiques d'abord, se sont découverts verts. Ce n'était pas évident. Même à gauche ! Souvenez-vous des difficultés rencontrées par Dominique Voynet pour se faire entendre sous Jospin. Car au PS, les croyants du progrès et les religieux de la modernité heureuse l'emportaient. Quant à la droite, elle voulait encore moins entendre parler de ces farfelus barbus, de ces rêveurs hirsutes, de ces gauchistes alarmistes qu'il fallait enfermer dans les Cévennes avec leur troupeau de chèvres. L'écologie, pourtant, venait de la droite, mais sa captation par l'extrême gauche la rendait plus fréquentable. Tous les ministres de l'Environnement ont été réduits à l'impuissance, en dépit des beaux discours d'un Chirac qui, comme le disait Roselyne Bachelot, autrefois en charge de ces questions, était debout sur scène et se couchait en coulisses devant les lobbies industriels et agricoles. Il est vrai que Nicolas Hulot n'avait pas encore accompli sa percée de campagne.  
 
C'est à lui, à ce grand frère scout aux yeux clairs, à ce télé-écologiste, qu'on doit la déconfessionnalisation accélérée de l'écologie. Hulot a sorti l'environnement de sa marginalité, ce qui a tué les Verts, mais a sanctifié la question. On ne peut plus, sous peine de crime contre l'esprit sain et le bien commun, se dire anti-écologique. Tout ce qui est Vert, désormais, est sacré. Ce qui correspond à une autre révolution : la féminisation de la politique, qui implique plus de considération pour ce genre de sujet concret. Ainsi, même les députés UMP qui ont tout fait hier pour torpiller le principe de précaution, se prosternent désormais en public devant la noble et belle cause environnementale. Ça ne durera peut-être pas…  
 
Avant les municipales, il faut mettre les électeurs de son côté. Electeurs qui sont massivement écolos. Et il n'y a guère que sur le nucléaire que l'on retrouve une fracture. Les sympathisants de droite s'y montrent favorables alors que ceux de gauche y sont majoritairement hostiles. Autant les lobbies n'ont pas disparu, même s'ils sont contraints de se faire plus discrets. On les verra sans doute à l'œuvre au Parlement quand il s'agira de payer et de faire payer les éco-pastilles, quand il faudra cesser de subventionner l'agriculture extensible, quand il faudra stopper des programmes autoroutiers.  
Déjà le lobby de l'automobile a obtenu qu'on ne baisse pas de 10 kilomètres/heures la vitesse maximale autorisée. Il faudra bien que les deux saints laïc que sont Nicolas Hulot et Al Gore pour toucher un jour, vraiment, à ce culte de l'automobile que Georges Pompidou célébrait déjà en son temps, en affirmant : « Arrêtez d'emmerder les Français avec la bagnole ! C'est leur liberté ». Allez, circulez…
 

Jeudi 25 Octobre 2007 - 12:59

Nicolas Domenach 
 

27octobre 2007

 

ENTRETIEN AVEC PIERRE RADANE

" Une vraie innovation démocratique "

ANCIEN président de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, Pierre Radane, chef de la commission énergie des Verts, est l'auteur du rapport Facteur 4 sur la réduction des gaz à effet de serre de la France (2005).

Quel regard portez-vous sur le Grenelle de l'environnement ?

Cet événement constitue une vraie innovation démocratique. Pour le moins improvisé, pas franchement réfléchi, cela restera un moment très fort de notre histoire, qui aura permis à la société française de se parler. Une société a énormément besoin de vérifier qu'elle va vers des valeurs communes. Nous ne le faisions plus. La nécessité de se confronter avec ce qui sera la grande affaire de ce siècle - à savoir l'entrée dans un monde de ressources rares et le besoin de répondre au réchauffement climatique - a permis de réintroduire un dialogue. 

C'est donc un pas supplémentaire dans la prise de conscience de l'urgence écologique ?

Certainement, et de façon tout à fait originale, qui n'a jamais eu lieu dans aucun autre pays. L'environnement a donné lieu à des débats jusqu'à présent morcelés. Jamais la question n'avait été posée à une société dans son ensemble. Le Grenelle de l'environnement s'est élaboré sur une vision de la société française tout à fait nouvelle, celle d'un pentagone entre cinq acteurs - ONG, syndicats, entreprises, collectivités locales et Etat.

Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de pérenniser cette organisation du dialogue puisque la mise en œuvre des mesures adoptées dans le Grenelle devrait être conduite par ce pentagone d'acteurs. C'est une avancée considérable. Sarkozy fait de l'écologie par un débat dans la société pour chercher de la capacité à entreprendre, à engager quelque chose qui soit partagé par le plus grand nombre. C'est tout à son honneur. La réponse aux défis écologiques ne doit pas se faire dans le conflit. 

Nicolas Sarkozy a-t-il fait preuve de courage en endossant les conclusions du Grenelle ?

Oui, à la limite près qu'au niveau des mesures, on peut difficilement apprécier, à ce stade, les modalités pratiques de mise en œuvre. Il peut y avoir énormément d'érosion lors des discussions qui vont s'engager entre les différents acteurs 

Peut-on parler de rupture ?

Non, le discours de Nicolas Sarkozy ne marque pas une rupture mais une inflexion. Il fait de l'écologie sans remettre en cause le système économique actuel.

Cependant, on voit bien que la prise en compte de l'environnement pousse à une re-régulation de nos sociétés, implique le retour de l'Etat, de la décision publique au nom d'un avenir soutenable de la planète. Les choix forts assumés par le chef de l'Etat dans son discours posent d'ailleurs la question de la compatibilité avec d'autres choix gouvernementaux qui ne sont pas dans cette trame.

Vouloir réduire les freins à la croissance et donc se placer dans une logique de dérégulation va à l'encontre de ce que dit le Grenelle. Il faudra trancher.

 
 
Parmi les mesures annoncées, quelle est, selon vous, la plus importante ?

Le vaste plan d'investissement dans le bâtiment, les transports et les énergies renouvelables est pour moi essentiel. Il est une réponse, avec retard, au choc pétrolier du début de la décennie. Ce programme aurait pu être décidé il y a cinq ans au lieu de continuer à dépenser, chaque année, 50 milliards d'euros pour acheter à l'étranger du pétrole, du gaz, de l'uranium...

Mais à 90 dollars le baril de pétrole, il devient rentable d'investir dans les énergies renouvelables et dans l'isolation des bâtiments. Cela va créer de l'activité et des emplois. Le président prend un parti volontariste en faisant de l'adaptation au changement climatique et à la cherté de l'énergie un moteur de la croissance. Mais il y aura aussi des perdants, le Grenelle de l'environnement a éludé ce sujet, il faudra y revenir.

propos recueillis par Laurence Caramel

© Le Monde 
 

27 octobre 2007

Des mesures qui vont dans le sens des ONG


  LE TRAVAIL préparatoire mené au sein des groupes du Grenelle a été crucial : les mesures les plus ambitieuses ont été prises dans les domaines qui avaient été le mieux défrichés. Au contraire, l'examen de la question des déchets, trop peu discutée en amont, a été repoussé de trois mois.

A l'issue du processus, les participants à cet exercice inédit ont tous affiché leur satisfaction. Nicolas Hulot a donné un " 18 sur 20, pour se laisser une marge de manoeuvre ". " Franchement, on est entré dans l'ère de l'écologie, on est passé à l'action ", s'est-il félicité. Tout en disant rester vigilantes, les ONG ont globalement salué les ambitions affichées, qui correspondaient pour la plupart à leurs attentes. France Nature Environnement " prend au mot le président et poussera pour que cette volonté politique ne s'essouffle pas ". L'Alliance pour la planète prend acte d'un " changement de culture " mais affirme que M. Sarkozy " n'a pas dépassé les contradictions françaises " sur le nucléaire et les déchets.

Pour la CFDT, François Chérèque a salué des " objectifs ambitieux ". Jean-Christophe Le Duigou, de la CGT s'est aussi dit satisfait : " Il faut maintenant trouver les financements pour toutes ces opérations ", a-t-il prévenu. Laurence Parisot, présidente du Medef, salue " de bons équilibres entre la nécessité d'intégrer les intérêts écologiques, tout en respectant les intérêts économiques ". Revue des principales mesures.

BÂTIMENT

Généralisation des normes de basse consommation énergétique dans le logement neuf et les bâtiments publics (50 Kwh/m2/an à partir de 2010) ; rénovation thermique des logements et bâtiments existants, l'Etat s'engageant à effectuer cette rénovation dans les cinq ans ; mise en place de mécanismes incitatifs (crédits d'impôt et prêts).

TRANSPORTS

Arrêt de l'augmentation des capacités routières et aéroportuaires, sauf " cas de sécurité ou d'intérêt local " ; construction de 2 000 km de lignes ferroviaires à grande vitesse d'ici à 2020 ; création d'autoroutes ferroviaires (nord - sud-est et nord - sud-ouest) et maritimes (atlantique et méditerranéenne).

Réduction de moitié de la consommation de carburant et des émissions de C02 du transport aérien d'ici à 2020 ; création d'une éco-pastille favorisant les véhicules neufs les moins polluants et finançant une " prime à la casse " ; instauration d'une écotaxe kilométrique pour les poids lourds sur le réseau routier, hors autoroutes ; possibilité d'expérimentation des péages urbains pour les collectivités locales ; rétablissement de la contribution de l'Etat au financement des transports en commun en site propre.  

ENERGIE

Etude de la création d'une contribution climat-énergie (ou taxe carbone) basée sur la consommation en énergie des biens et services ; interdiction des lampes à incandescence en 2010 ; développement des énergies renouvelables afin de dépasser 20 % de la consommation d'énergie d'ici à 2020.  

SANTÉ

Interdiction à la vente, dès 2008, des produits phytosanitaires ou matériaux de construction et de décoration contenant des substances " extrêmement préoccupantes " ; déclaration obligatoire de la présence de nanomatériaux dans les produits grand public ; plan sur la qualité de l'air avec fixation d'un seuil de 15 µg/m3 de particules fines, obligatoire en 2015. 

AGRICULTURE

Triplement de la part de l'agriculture biologique, pour atteindre 6 % de la surface agricole utile en 2010, et introduction d'au minimum un repas bio par semaine dans les cantines ; réduction de moitié de l'usage des pesticides, " si possible d'ici dix ans ", en accélérant la diffusion des techniques alternatives, sous réserve de leur mise au point ; gel des cultures d'OGM jusqu'aux conclusions d'une expertise menée par une autorité indépendante ; adoption future d'une loi sur la coexistence entre les cultures. 

BIODIVERSITÉ

Création d'une trame verte reliant les espaces naturels qui pourra devenir opposable aux nouveaux projets d'aménagement ; une mission d'expertise a été nommée pour décider de l'avenir du projet de mine d'or près des marais de Kaw en Guyane.

Ga. D. et G. v. K.

© Le Monde

LUTTER CONTRE LE DUMPING ENVIRONNEMENTAL

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, est prévenu. Nicolas Sarkozy compte sur Bruxelles pour l'aider à mettre en œuvre sa politique écologique, et profitera de la présidence française de l'UE, au cours du deuxième semestre 2008, pour soumettre aux autres pays plusieurs idées. Parmi celles-ci figurent l'introduction d'une TVA à taux réduit pour les produits propres et l'instauration d'une taxe aux frontières pour les produits importés de pays ne faisant aucun effort pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. La question d'une contribution énergie-climat, dont le président a retenu le principe, sera également posée.

En contrepartie, le chef de l'Etat a promis à M. Barroso de soutenir ses propositions les plus ambitieuses. Il est loin d'être sûr que cela suffise à convertir le chef de l'exécutif bruxellois à la lutte contre le " dumping environnemental " que la France veut engager.

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Partenariats

CAP21 Nord Pas-de-Calais participe aux collectifs  régionaux :

- Sortir du Nucléaire,

- Contre l'exploitation des gaz de couche.

  • A Lille au Collectif "Place aux piétons et pour la mobilité douce"  pour une piétonnisation de la Grand Place de Lille dans un contexte de mobilité incitant à l'utilisation de transports doux (marche, vélo,...).
  • A Lesquin au Collectif "Lesquin Objectif 0,6" dans le cadre d'un combat des habitants pour une meilleure protection vis à vis des ondes électromagnétiques.

 

Lecture recommandée

CAP21 NORD PAS DE CALAIS vous incite à lire ces revues de grande qualité :

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Alternatives Economiques