Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Revue de presse

Recherche

Prévision Météo

Sites à utiliser ... sans retenue

Corinne Lepage présente sa campagne présidentielle et ses propositions sur le site www.corinnelepage.fr et a créé aussi le site "à vos droits citoyens" avec 10 propositions mises en débat pour renouveler notre constitution et donc le fonctionnement de notre démocratie www.avosdroitscitoyens.fr

Le site sur les gaz non conventionnels et les risques liés à leur exploitation créé par CAP21 : http://deleaudanslegaz.com

2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 18:04

Vous avez dit « Enquête publique » ?

 

Mercredi 28 décembre 2011 avait lieu la dernière journée d’enquête publique au cours de laquelle le public d’Heuringhem (62) pouvait s’informer et se prononcer sur le projet de porcherie industrielle prévu aux abords de la commune.

Au grand dam de la société civile locale objectivement inquiète des impacts du projet, cette « enquête publique » n’aura duré que 12 jours. Pourtant ce projet date de plus de 3 ans à la suite de la modification du PLU sur la commune et la définition du futur modèle d’élevage par l’éleveuse actuellement implantée dans le centre du village.

L’association de défense de la qualité de vie sur Heuringhem, riverains et plus largement habitants se sont ainsi rendus en nombre à cette dernière des trois journées (les précédentes avaient eu lieu les 16 et 22 décembre) où le commissaire enquêteur pouvait échanger avec eux et consigner l’ensemble des remarques au sein d’un cahier d’enquête publique.

Informé par « l’Écho de la Lys » du 15 décembre 2011 , et alerté par l’Association locale le 27 décembre, François-Xavier CATTEAU, Délégué Régional de CAP21, s’est donc rendu en mairie pour rencontrer les habitants. Les échanges ont permis de définir le contexte et les enjeux d’une mobilisation globalement contre le projet..

 

De la concertation d’abord.

 

L’Association et les riverains ont avant tout demandé au commissaire enquêteur de reporter le délai d’enquête publique afin d’envisager sereinement un débat qui, s’il n’est pas souhaité par le maire, a les faveurs de l’éleveuse et des habitants.

Car, c’est bien le manque de concertation et de démocratie que les habitants ont dénoncé. Quelle que soit la position des uns et des autres sur le modèle de porcherie industrielle, les impacts du projet doivent être correctement appréhendés par tous. Les mesures à prendre pour en atténuer les effets doivent être connues.

Les 10 jours pendant la période de Noël n'auront pas permis pas un débat sérieux sur le projet en particulier et sur cette filière en général.

Si en soit, une jeune agricultrice  déplaçant son exploitation du centre du village pour l’installer aux abords de celui-ci ne peut que suggérer de bonnes considérations et un soutien à priori, à bien regarder le projet, il semble que le modèle « d’élevage » industriel soit générateur de nombreuses contraintes pour l’ensemble des parties prenantes sur le projet.

 

Des craintes sur le modèle retenu

 

Le modèle de porcheries industrielles pose aujourd’hui de nombreuses problématiques :

 

1.       Pertes immobilières inévitables (30%)

2.       Coût de la dépollution qui se retrouve dans le prix de l’eau

3.       Coût caché de ce genre d’élevage pour la santé humaine (antibiotiques, etc…)

4.       Coût des infrastructures à la charge du contribuable (route)

5.       Conditions de vie atroces des animaux sur les caillebotis et des éleveurs par ailleurs (jocelyne porcher (une vie de cochon))

6.       Nuisances olfactives inévitables à proximité de l’installation

 


Particulièrement sur ce projet, l’avis de l’autorité environnementale fait ressortir quelques points :

 

  • Épandage problématique

au niveau contractuel (les surfaces n’appartiennent pas à l’agricultrice et leurs propriétaires seraient impactés par une dépréciation de la valeur de leurs terres suite au plan d’épandage)

au niveau environnemental (traçabilité et normes sur l’épandage des lisiers insuffisamment formalisée aujourd’hui) –à l’échelle du territoire puisque 11 communes sont touchées par le plan d’épandage et dont certaines parcelles se trouvent dans des Zones Naturelles (ZNIEFF et Natura 2000)

au niveau de l’acceptation du public impacté par les nuisances inévitables dans la gestion de ces effluents.

  • Impacts réels sur la ressource en eau : Prélèvement par un forage dans la nappe à priori sous-évalué. Absence de récupération d’eau pluviale pour certains usages.
  • Plus grave, l’autorité environnementale, dans son avis, émet également des réserves sur la conformité du projet vis à vis du SAGE de la Lys. On se souvient du cas de Bambecque où un refus d’exploiter avait été prononcé par le CODERST pour une installation non conforme avec le SAGE de l’Yser.
  • Enfin, les transports associés à l’installation (aliments, expéditions, épandage) ne peuvent que s’accroître lorsque la production est multipliée par près de 30 ! Les nuisances associées mériteraient sans doute plus d’attention dans l’avis de l’autorité environnementale.

 

Heuringhem après Bambecque : Une volonté de déconcentrer les modèles bretons et flamands aujourd’hui saturés.

 

Heuringhem s’ajoute ainsi à une liste déjà longue de communes des Flandres intérieures à être la cible des modèles industriels d’élevage porcin dont les impacts, que nous connaissons désormais, ne sont pas compatibles en l’état avec les objectifs d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement.

 Le 19 juin 2010, CAP21 dénonçait déjà l’amendement « Porcheries industrielles » voté le 16 juin 2010 qui exemptait désormais d’enquête publique et d’étude d’impact environnementale les porcheries jusqu’à 2.000 places (au lieu de 450 initialement).

Ici, les 4.500 unités prévues nécessitent une enquête publique qui se doit d’être exemplaire compte tenu de la nature du projet

 

Un autre modèle plus durable de porcherie est possible.

 

Les expériences dans d’autres régions comme la Bretagne ou la Bourgogne montrent que des modèles de porcheries sur paille, en label Bio ou non, se développent en tenant compte des enjeux économiques et environnementaux.

Ces modèles sont plus facilement acceptés par les populations. Un éleveur a même reçu  1500 visiteurs sur un week-end portes ouvertes pour promouvoir ce modèle.

Des alternatives à l’épandage se développent, par voie énergétique notamment.

 

La démocratie, c’est écouter. La concertation, c’est entendre

 

Sur ce type de projet, l’enquête publique est un espace de démocratie citoyenne où l’écoute des craintes et des motivations de chacune des parties prenantes est fondamentale pour organiser la concertation. C’est de cette concertation que peut naître une synthèse des intérêts de chacun.

Espérons que le commissaire - enquêteur a entendu les craintes légitimes de la population d’Heuringhem et décidera d’engager une véritable concertation en reportant le délai d’enquête.

CAP21, déjà fortement mobilisé sur d’autres projets de porcherie industrielle sur ce territoire (archives sur ce blog), soutient l’initiative d’une concertation sur ce sujet à la fois sur l’impact que peut avoir l’installation dans le village et autour (surfaces d’épandage notamment) mais plus largement autour du modèle porcin que nous souhaitons en tentant de développer un projet alternatif avec l’éleveuse.

 

François-Xavier CATTEAU

Délégué Régional

 

Partager cet article

Repost 0
Published by cap21npdc - dans Flandre-Côte d'Opale
commenter cet article

commentaires

Partenariats

CAP21 Nord Pas-de-Calais participe aux collectifs  régionaux :

- Sortir du Nucléaire,

- Contre l'exploitation des gaz de couche.

  • A Lille au Collectif "Place aux piétons et pour la mobilité douce"  pour une piétonnisation de la Grand Place de Lille dans un contexte de mobilité incitant à l'utilisation de transports doux (marche, vélo,...).
  • A Lesquin au Collectif "Lesquin Objectif 0,6" dans le cadre d'un combat des habitants pour une meilleure protection vis à vis des ondes électromagnétiques.

 

Lecture recommandée

CAP21 NORD PAS DE CALAIS vous incite à lire ces revues de grande qualité :

Revue-Durable-CH-.gif

 

 

Alternatives Economiques