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Le développement durable au coeur du congrés de CAP21 (vidéo)
Maréchal Vauban : "Je préfère la vérité quoique mal polie à une lâche complaisance" (Lettre à Louvois en 1768)
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La production d’énergie et la ressource en eau sont indissociables. Il faut beaucoup d’eau pour produire de l’énergie. Il faut beaucoup d’énergie pour fournir
de l’eau. Les deux sont inextricablement liés, et les besoins s’accroissent pour ces deux ressources.
L’arrivée des biocarburants amplifie encore ce problème. Ce ne sont pas moins de 23 000 litres d’eau qui sont nécessaires pour obtenir les 27 kilos de soja qui à leur tour permettront de produire
4 litres de carburant.
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Un exemple dont on pourrait s'inspirer :
Le groupement des agriculteurs bio d'Ile-de-France et l'Agence de l'eau Seine-Normandie ont signé le 31 janvier dernier à Dourdan (Essonne), une convention destinée à favoriser le développement
de l'agriculture biologique dans les zones de captage d'eau. L'objectif : la protection de la ressource en eau autour des zones où se trouvent les captages prioritaires de la région.
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Source : Blog de Marc Laimé "Les eaux glacés du calcul égoïste" www.eauxglaces.com
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Comme chaque année, l'IFEN vient de publier son rapport sur la pollution des eaux superficielles et souterraines par les pesticides en France. La situation reste donc critique et bien loin des objectifs européens.
![]() Dans le cadre de la Journée Mondiale de l’Eau, qui se déroulait hier, 22 Mars 2007, CAP 21, parti écologiste présidé par Corinne LEPAGE, a rappellé que plus d’un milliard d’être humains n’ont guère d’autre choix que d’utiliser de l’eau potentiellement dangereuse. Ainsi se perpétue sans bruit une crise humanitaire qui fait chaque jour 3900 victimes parmi les enfants et compromet la réalisation des objectifs du Millénaire pour le Développement. Notre échec collectif face à ce problème amenuisera les perspectives d’avenir des milliards de personnes saisies dans une spirale de pauvreté et de maladie.
Les causes de cette catastrophe sous-jacente résident dans ces simples chiffres et les faits terribles qu’ils recouvrent : 4 personnes sur 10 dans le monde n’ont pas accès ne serait-ce qu’à de simples latrines à fosse et près de 2 personnes sur 10 sont privées d’eau potable. Le changement climatique rend aussi les conditions d’approvisionnement moins prévisibles et fragilisera encore un peu plus les populations défavorisées. Pour Eric Delhaye, porte-parole de CAP 21, l’objectif de réduire d’ici 2015 de moitié le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à l’eau potable et à des services d’assainissement de base est loin d’être atteint. La plupart des pays riches ont ainsi renié l’engagement pris en 1970 devant les Nations Unies, de consacrer à l’Aide Publique au Développement 0,7 % de leur revenu national brut. L’Europe et la France ont un rôle moteur à jouer par la mise en œuvre d’une action concertée et volontariste d’aide au développement. L’eau doit être une source de vie et non de morts et de conflits. Cet effort de solidarité posé par des exigences humanistes conditionnera la stabilité du monde et l’avenir de l’humanité. |
En 2004, sur les 607 points de mesure de la qualité des rivières, la présence de pesticides a été relevée dans 96 % des cas. La qualité de l'eau est jugée « moyenne à mauvaise » dans 49 % des cas, ce qui signifie que la vie des organismes aquatiques et la production d'eau potable sans traitement spécifique sont compromis. Pour les eaux souterraines, dont le renouvellement peut prendre des centaines d'années, des concentrations de pesticides sont relevées dans 61 % des échantillons. Dans 27 % des cas, la qualité est médiocre ou mauvaise.
Le nombre de molécules chimiques repérées augmente : dans les eaux superficielles, 229 substances différentes ont été quantifiées au moins une fois en 2004, contre 201 en 2002. Dans les nappes, 166 substances ont été quantifiées en 2004, contre 123 en 2002. Les substances les plus souvent décelées sont le glyphosate et l'atrazine, qui persiste dans l'environnement malgré son interdiction en 2001.
L'IFEN reste toutefois très prudent sur l'interprétation de cette évolution. « Nous cherchons plus de molécules, dans davantage d'endroits, et nos capacités d'analyse s'améliorent dans certains cas », explique François Moreau, chef du département de la connaissance environnementale à l'IFEN. Les chercheurs espèrent à l'avenir pouvoir gommer ces biais, mais c'est un travail « très lourd », commente M. Moreau.
Ces chiffres renforcent l'hypothèse selon laquelle l'évolution des tonnages de produits pesticides vendus n'est pas un indicateur significatif. Après avoir connu un pic en 1999, ces quantités ont baissé pendant plusieurs années, avant de remonter en 2005. Cependant, « les différentes substances présentent des niveaux de danger très hétérogènes et les substances nouvelles sont en général plus toxiques à faibles doses », notent les auteurs du rapport.
La France est le troisième consommateur au monde d'insecticides, d'herbicides et de fongicides.
CAP 21 exprime son insatisfaction sur le projet de réforme de la loi sur l’eau qui manque singulièrement d’ambitions et ne s’attaque pas à la racine du mal.
Cette réforme qui était attendue depuis de nombreuses années et sans cesse reportée comporte certes quelques éléments de progrès : la prise en compte des aires d’alimentation des captages pour la protection des ressources, la création d’un fonds de garantie pour couvrir les risques liés à l’épandage des boues de station d’épuration, les nouvelles possibilités offertes pour le financement de l’assainissement pluvial, les débits réservés.
Mais le projet pêche sur des points absolument majeurs :
- Il est injuste car il n'applique pas le principe pollueur-payeur et maintient sur les ménages la plus grande partie de l’effort (84% des contributions) en limitant celle du contributeur principal : le monde agricole.
- CAP 21 est convaincu qu’il ne permettra en aucun cas d'atteindre les objectifs de qualité de l’eau posés par la directive cadre européenne.
La contamination à grande échelle des nappes d’eau souterraines par les produits phytosanitaires et leurs produits de dégradation est inexorable et particulièrement préoccupante. Pour s’en convaincre, il suffit de prendre connaissance des modélisations présentées récemment par l’Agence de l’Eau Seine-Normandie qui montrent combien les transferts des produits chimiques vers les aquifères sont lents. Il est très difficile de revenir en arrière même après avoir interdit l’usage de ces substances (les temps de résorption peuvent s’étaler sur plusieurs décennies voir plus d’un siècle). Le pire reste donc à redouter. Des mesures de réduction des intrants (azote et produits phytosanitaires) uniquement basées sur le volontariat ne suffiront pas ! S’il n’est pas question de stigmatiser la profession agricole, il est indispensable cependant de changer de braquet et de faire évoluer rapidement les pratiques culturales vers des systèmes de production intégrés qui allient efficacité agronomique et protection de l’environnement. De plus, la taxe sur les pesticides doit devenir suffisamment dissuasive pour en limiter l’usage.
Par la voix de son porte-parole, Eric Delhaye, CAP 21 souhaite que le travail parlementaire améliore substantiellement le projet de loi et propose aux députés et sénateurs :
- de prendre des dispositions transitoires qui viseraient à « sanctuariser » certaines zones du territoire pour garantir la production d’eau durant le temps nécessaire à la reconquête généralisée de la qualité des nappes
- de mettre en œuvre le principe pollueur payeur sur les traitements agricoles pour réduire de manière drastique la contamination des eaux
- d’accompagner par des aides spécifiques l’évolution des pratiques culturales vers des systèmes de production intégrés et de soutenir le développement de la filière Bio
- de mettre en place des procédures de suivi et de contrôles très rigoureux sur l’épandage des boues
- de systématiser l’obligation des conventions de rejets entre les industriels et les collectivités
En cas d’adoption d’une loi à minima, tronquée, ne permettant pas d’atteindre les objectifs de la Directive Cadre sur l’Eau, Corinne LEPAGE, présidente de CAP 21, saisira la Commission Européenne pour que les principes communautaires qui fondent le droit de l’environnement et la protection de l’eau et des milieux aquatiques soient appliqués.






