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Sites à utiliser ... sans retenue

Corinne Lepage présente sa campagne présidentielle et ses propositions sur le site www.corinnelepage.fr et a créé aussi le site "à vos droits citoyens" avec 10 propositions mises en débat pour renouveler notre constitution et donc le fonctionnement de notre démocratie www.avosdroitscitoyens.fr

Le site sur les gaz non conventionnels et les risques liés à leur exploitation créé par CAP21 : http://deleaudanslegaz.com

27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 14:10

logo-lemonde.jpg27-07-2011

Nous avions mangé une poêlée de légumes agrémentée d'huile d'olive et de curcuma, du quinoa, du pain complet, puis, en dessert, des poires au chocolat noir arrosées de sirop de gingembre et d'agave. Nous étions en février 2008, chez lui, à Neuilly-sur-Seine. Il nous avait invitée pour un repas " simple et léger " qu'il avait concocté lui-même et nous disait : " Je n'ai jamais été en aussi bonne santé. " David Servan-Schreiber mettait un point d'honneur à s'appliquer à lui-même ce qu'il avait découvert dans des publications scientifiques et à convaincre ses interlocuteurs que la nourriture était devenue un enjeu capital face aux maladies chroniques de notre siècle. Il ne disait jamais qu'il s'agissait d'un traitement miracle, mais simplement que l'alimentation pouvait contribuer à mieux se défendre face à la progression du mal.

D.Servan-Schreiber-copie-1.jpgLe neuropsychiatre, rendu célèbre par le succès de ses ouvrages Guérir et Anticancer, est mort dimanche 24 juillet à l'hôpital de Fécamp. Il a été emporté par ce qu'il appelait " la grosse, la méchante, la quasi finale " rechute de son cancer au cerveau. Cela faisait dix-neuf ans que cette figure montante de la dynastie Servan-Schreiber (fils de Jean-Jacques Servan-Schreiber et neveu de Jean-Louis Servan-Schreiber) repoussait le crabe et défiait tous les pronostics médicaux. La maladie était devenue un combat personnel - une " seconde naissance ", écrivait-il -, puis partagé avec le grand public, et avait transformé sa vision de la médecine.

Il n'a que 31 ans lorsqu'est découverte sa tumeur au cerveau. A cette époque, après avoir soutenu son doctorat en sciences neurocognitives consacré aux " mécanismes neurobiologiques de la pensée et des émotions ", il termine son internat en psychiatrie à l'université Carnegie Mellon de Pittsburgh, aux Etats-Unis. Il y codirige le laboratoire de sciences neurocognitives cliniques. " Notre but était de comprendre les mécanismes de la pensée en regardant ce qui se passait dans le cerveau. Je n'aurais jamais imaginé que ces recherches allaient me faire découvrir ma propre maladie ", raconte-t-il dans Anticancer. Opération, chimiothérapie : la médecine moderne lui sauve la vie, mais, quelques années plus tard, il rechute. Il décide alors, en plus des traitements habituels, de rechercher tout ce qui pourrait aider son corps à se défendre de manière naturelle. " Cette douleur, cette peur ", témoigne-t-il, vont bouleverser sa vie professionnelle ; mais, pendant quinze ans, il ne dira rien de son cancer.

A contre-courant de la pensée scientifique dominante, le psychiatre va s'intéresser à des méthodes peu orthodoxes pour soigner les maladies des temps modernes (stress, anxiété et dépression) " sans médicaments ni psychanalyse ".

Avec Guérir, il popularise en France des techniques venues des Etats-Unis censées " reprogrammer le cerveau émotionnel " de telle sorte qu'il soit adapté au présent au lieu de continuer de réagir à des situations négatives passées. David Servan-Schreiber suscite alors le scepticisme, voire le mépris de la plupart des psychanalystes. " C'était un mélange assez complexe d'une très grande rigueur scientifique avec un parcours universitaire irréprochable, et d'un côté autodidacte à travers sa propre expérience de la maladie ", témoigne Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste. Contrairement aux Etats-Unis, ce mélange des genres passe mal auprès des élites médicales françaises. On lui attribue un côté gourou de la médecine alternative aux relents New Age. En revanche, toutes ses conférences affichent complet. L'homme à la parole fluide et posée s'affiche en médecin de l'âme pour citadins stressés. " DSS ", comme on le surnomme, remet au goût du jour la méditation, l'acupuncture, la luminothérapie. Vante les vertus des oméga-3, ces fameux acides gras essentiels. Investit dans la création de la société Isodis Natura, qui commercialise des complémentaires alimentaires à base d'oméga-3. Popularise la cohérence cardiaque, une méthode de contrôle de la respiration qui a un effet indirect sur la régulation du système nerveux autonome et sur notre capacité à résister au stress. Et diffuse en France une méthode au sigle barbare : l'EMDR (désensibilisation et reprogrammation par des mouvements oculaires), découverte en 1987 par la psychologue américaine Francine Shapiro.

Méthodes " anticancer "

En 2007, il décide de révéler son cancer dans son ouvrage Anticancer et de livrer - études scientifiques à l'appui - les secrets de son combat contre la maladie : nutrition, exercice physique, lutte contre le stress et méditation. Rejoignant les conclusions du Fonds mondial de recherche contre le cancer, le chapitre consacré au rôle de l'alimentation dans la prévention de la maladie suscite un buzz médiatique. DSS devient l'homme du thé vert, du brocoli et des fruits rouges. Pourfendant l'alimentation industrielle, l'excès de viande rouge et de sucre, il considère que tout est à revoir dans le contenu de nos assiettes si l'on veut " renforcer nos mécanismes naturels de défense contre le cancer ".

Ses conférences où se mêlent anonymes touchés par la maladie et personnalités du monde du spectacle - comme son ami le comédien Bernard Giraudeau - font salle comble. Il rêve de susciter une " prise de conscience politique " sur le rôle de la nutrition comme a pu le faire Al Gore dans la lutte contre le réchauffement climatique. Anticancer devient un best-seller, un site Internet et trouve un écho dans la création d'un Fonds anticancer au sein du MD Anderson Cancer Center de l'université de Houston (Texas). David Servan-Schreiber se fait lanceur d'alerte. En 2008, il signe un appel contre l'abus des antidépresseurs en France et la surmédicalisation du mal-être. La même année, il réunit 19 scientifiques pour lancer un appel sur les risques du téléphone portable sur le cerveau.

Mais, en juin 2010, la maladie l'a rattrapé. Sans jamais remettre en cause les traitements conventionnels, il a tenu, dans un livre testament, On peut se dire au revoir plusieurs fois (Robert Laffont, 158 p., 14 euros), à défendre ses méthodes " anticancer ". Lui qui parcourait l'Europe pour ses conférences disait regretter de s'être imposé un rythme de travail " harassant et excessif ". Il en tirait une " leçon ", comme un dernier conseil : " Il ne faut pas s'épuiser. " Parce que, comme il le rappelait à chacune de ses interventions publiques : " Nous avons tous un cancer qui dort en nous. "

 

Sandrine Blanchard avec Paul Benkimoun et Martine Laronche

Né le 21 avril 1961.  Naissance à Neuilly-sur-Seine

1990-1996 Internat en psychiatrie à l'université de Pittsburgh, aux Etats-Unis ; codirecteur du laboratoire de sciences neurocognitives cliniques

2001 Professeur de psychiatrie clinique à l'université de Pittsburgh

2002 Crée et dirige l'Institut français d'EMDR

2003 Parution de " Guérir "(Robert Laffont)

2007 Parution d'" Anticancer " (Robert Laffont)

24 juillet 2011 Mort à Fécamp suite à un cancer du cerveau.

 

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 07:00

Lors de sa réunion du mardi 12 juillet, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a approuvé le rapport présenté par le sénateur Gilbert Barbier (RDSE, Jura) intitulé Les perturbateurs endocriniens, le temps de la précaution.

Dans ce rapport, il rappelle que les inquiétudes relatives aux perturbateurs endocriniens proviennent de l’augmentation importante et non encore expliquée de maladies liées au système hormonal comme certains cancers ou des problèmes de fertilité. En France, l’incidence du cancer du sein a doublé depuis 1980. Il en serait de même du cancer du testicule dans les pays développés depuis 1970. En matière de fertilité, les chercheurs s’inquiètent d’une possible combinaison d’une baisse de moitié du nombre de spermatozoïdes et d’une augmentation des malformations génitales masculines.

Le rapport souligne que les données scientifiques disponibles rendent crédible un lien de causalité entre ces maladies et l’action de substances perturbant le système endocrinien. En effet, l’impact avéré de certaines de ces substances sur les animaux sauvages, l’analogie avec des produits comme le Distilbène ou la chlordécone et plusieurs publications académiques vont dans ce sens.
Cependant, les incertitudes restent nombreuses notamment quant aux mécanismes d’action à faible dose, en mélange ou à des moments précis de la vie et quant aux différentes molécules impliquées.
Le sénateur Gilbert Barbier estime toutefois que les données disponibles sont suffisantes pour agir dès maintenant afin de protéger les populations les plus vulnérables, tout particulièrement les bébés et les femmes enceintes.

Il propose donc :
- de renforcer l’effort de recherche et d’améliorer sa coordination pour relever les défis scientifiques posés par ce problème émergent de santé publique. Il demande plus particulièrement à ce que des efforts soient faits au niveau européen pour aboutir d’ici à 2013 à la validation de tests internationaux permettant de détecter les perturbateurs endocriniens ;
 - d’informer les consommateurs et d’apposer un pictogramme similaire à celui présent sur les bouteilles d’alcool pour indiquer sans ambiguïté aux femmes enceintes ou allaitantes qu’elles devraient éviter de s’exposer, elles et leurs jeunes enfants, à des produits contenant des perturbateurs endocriniens. L’apposition de ce logo serait soumise à un avis de l’ANSES dans le cadre des évaluations en cours des perturbateurs endocriniens potentiels ;
 - enfin, d’affirmer, au niveau européen, l’objectif d’interdire la présence de perturbateurs endocriniens dans les produits spécifiquement destinés aux femmes enceintes et allaitantes et aux jeunes enfants car le moment d’exposition peut être plus important que la dose, et d’accélérer la substitution des produits problématiques tels que les phtalates à chaîne courte (DEHP) dans les applications médicales à destination des publics sensibles.

Le rapport est en ligne : http://www.senat.fr/notice-rapport/2010/r10-765-notice.html

NdlR : L'Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), composé de 18 députés et 18 sénateurs, a pour mission d’informer le Parlement et d’évaluer les lois et les politiques publiques de son ressort. Il est assisté d’un conseil scientifique de 24 experts de réputation internationale.

On peut consulter aussi le site du réseau Environnement-Santé (RES) qui assure une veille scientifique sur ce sujet des perturbateurs endocriniens depuis plusieurs années.

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 09:00

Les résultats de l'enquête SHARE

Dans un contexte de vieillissement de la population et d’allongement de la vie active, la plupart des pays sont confrontés au défi du vieillissement en bonne santé. L’enquête Survey of Health Ageing and Retirement in Europe (SHARE), utilisée ici, permet d’explorer l’état de santé des personnes âgées de 50 à 59 ans en Europe et aussi d’en étudier les déterminants.  Si des problèmes de santé non négligeables apparaissent dès 50 ans, on constate également une forte hétérogénéité des situations entre pays européens. Bien que la France détienne le record de l’espérance de vie, elle occupe actuellement une place relativement médiocre concernant l’état de santé de ses quinquagénaires.
Après avoir comparé l’état de santé des actifs occupés avec celui des chômeurs et des inactifs, d’où il ressort un effet « travailleur en bonne santé », une attention particulière est portée aux déterminants de l’état de santé des seniors européens en emploi. (...) Lire la suite de l'étude

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 17:32

ACTU-ENVIRONNEMENT 18-01-2011

Corinne LEPAGE : Ce que les Français viennent de découvrir avec le Médiator n’est qu’une partie émergée d’un iceberg que représente le système actuel de délivrance des autorisations de mise sur le marché qu’il s’agisse des médicaments ou des produits à usage de consommation, OGM et nanotechnologies par exemple.

LEPAGE-Corinne-2001.jpgLes dysfonctionnements gravissimes observés au sein de l'AFSSAPS se retrouvent au sein d'autres organismes nationaux comme malheureusement au sein de l'EFSA, l'agence communautaire de sécurité alimentaire et sanitaire, à laquelle je demande depuis des mois une refonte du mode de fonctionnement.

A l'origine était le conflit d'intérêt ou plutôt le trafic d'influence.

Il est temps d'arrêter de parler de conflits d'intérêts comme s'il s'agissait de la possibilité rarissime et inenvisageable pour certains membres de commissions d'experts de peser sur la décision finale, ce qui pourrait constituer effectivement un trafic d'influence.

La réalité est tout le contraire.

C'est parce que le trafic d'influence est programmé, parce que certains lobbies industriels ont un poids suffisant pour imposer leurs représentants au sein des comités d'experts, soit explicitement, soit implicitement, par des relations de connivences entretenues de longue durée entre responsables politiques et grands lobbies que le conflit d'intérêt apparaît.

C'est donc le système lui-même qui est gangréné, et il ne l'est malheureusement pas seulement à l'AFFAPS. (...) Lire la suite

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 13:04

led-bleue-5mm-6600-mcd-d15-304162.jpgANSES : l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail vient d'émettre un avis sur le thème "Effets sanitaires des systèmes d’éclairage utilisant des diodes électroluminescentes (LED)".

La directive européenne EuP (2005/32/CE) pour l’éco-conception prévoit l’amélioration des performances énergétiques pour des produits courants comme l’éclairage électrique. Elle conduira ainsi à la fin progressive de la commercialisation des lampes les plus énergétiques, comme les ampoules à incandescence, entre 2009 et 2016.

Les diodes électroluminescentes (LED) sont des sources d’éclairage en plein développement technologique et économique.
Utilisées depuis de nombreuses années dans l’électronique comme sources de lumières faibles et monochromatiques, comme témoins lumineux par exemple, puis dans les feux de signalisation, elles trouvent aujourd’hui leur place dans des systèmes d’éclairage à part entière : éclairage portatif, feux de véhicules, éclairages domestiques d’ambiance.
L’utilisation des LED comme source d’éclairage des lieux de travail est également en pleine progression.

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 11:54

BLOG DE CORINNE LEPAGE 19-10-2010

LEPAGE-Corinne-2008.jpgLe nombre de cancers est en explosion et leurs liens avec certains produits que nous consommons, l’environnement dégradé (air et eau) et le stress généralisé dans lesquels nous vivons apparaissent de plus en plus étroit.

 Autrement dit, une mauvaise gestion du risque, un déni de corrélation entre santé et environnement et des conflits d’intérêt systématisés expliquent, du moins pour partie, cette épidémie de cancers mais aussi de maladies neuro-dégénératives (voir par exemple pour le Parkinson et certains pesticides).

 C’est précisément le moment choisi par la commission Attali pour remettre en cause (sur ordre ?) la prise en charge à 100% des ALD et en particulier du cancer tout en recommandant d’abandonner le principe de précaution dont l’objectif premier est d ‘investir dans la recherche pour anticiper des effets négatifs de produits et/ou de technologies cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques.

 Si cette prise en charge à 100 % est remise en cause, il est évident que seuls certains malades pourront se soigner, voire très peu, car les coûts de traitement sont en dehors de toute bourse, qui n’appartient pas au CAC 40.

 L’assurance deviendra quasi obligatoire avec la barrière financière et la barrière liée à l’état de santé préexistant.

 Ainsi, le renversement de tous les principes de base, non seulement ceux de la solidarité nationale en matière de santé mais encore ceux de la responsabilité, sont abandonnés au profit des "nouveaux principes" qui semblent diriger la commission Attali : principe pollué–payeur, principe cobaye-payeur, principe d’inégalité.

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 09:25

BACKCHICH INFO REDIFFUSION

Depuis plus de dix ans, un chercheur de l'Inserm, Pierre Meneton, alerte les pouvoirs publics sur les dangers du sel caché dans nos aliments industriels. A Bakchich.info, il raconte comment l’industrie du sel a essayé de l’empêcher de parler.

P.M-neton.jpgPierre Meneton est chargé de recherche à l’INSERM au sein du départemement de Santé Publique et d’Information Médicale (SPIM) de Jussieu.

Une plainte en diffamation a été déposée par le lobby du sel (Comité des Salines de France et Compagnie des Salins du Midi et des Salines de l’Est) à l’égard d’un magazine (TOC) et de Pierre Meneton pour la publication de l’article "Sel, le vice caché" en mars 2006.

La phrase diffamatoire d’après le lobby est : "Le lobby des producteurs de sel et du secteur agroalimentaire industriel est très actif. Il désinforme les professionnels de la santé et les médias".

Le procès a eu lieu le jeudi 31 janvier 2008 à 13h30 au Tribunal de Grande Instance de Paris.

Le verdict a été prononcé le 13 mars 2008 : Relaxe pour Pierre Méneton !

L’avocat de Pierre Meneton était Maître Bernard Fau (Gaucho, malades de la thyroïde, hormone de croissance) dont les honoraires ont été pris en charge par l’Association Mieux Prescrire.

Sur ce sujet, consultez aussi le dossier de mars 2007 de UFC-Que choisir permettant de se faire une idée sur ce problème de santé publique.

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 11:23

Claude Aubert, André Cicolella et Laurent Chevallier l'affirme : "L'espérance de vie n'augmentera plus .."

AUBERT-CHICOLELLA-CHEVALLIER

Il est vrai que, selon cette définition, l'espérance de vie à la naissance n'a cessé d'augmenter depuis un siècle. Elle est aujourd'hui de 84,5 ans pour les femmes et 77,8 ans pour les hommes, principalement en raison de la baisse considérable de la mortalité infantile et des progrès spectaculaires de l'hygiène et de la médecine, qui ont permis de faire reculer les maladies infectieuses, causes dominantes de mortalité autrefois. Depuis dix ans, les gains d'espérance de vie ont été de trois années pour les hommes et de deux années pour les femmes. Ce sont ces chiffres qui sont mis aujourd'hui dans le débat public pour justifier l'allongement de l'âge de la retraite.

Mais ce tableau idyllique doit être complété par des indicateurs moins souriants, comme celui de l'espérance de vie en bonne santé, et là, surprise, celle-ci n'est, selon l'Insee, que de 63,1 ans pour les hommes et de 64,2 ans pour les femmes. Rappelons que l'Insee a une définition déjà restrictive de ce qu'est une bonne santé : "Absence de limitation d'activités (dans les gestes de la vie quotidienne) et absence d'incapacité." Ainsi, une personne en rémission d'un cancer, un diabétique correctement soigné ou quelqu'un ayant eu un pontage coronarien sont en bonne santé. (...) Lire la suite

RES.jpg

Claude Aubert, agronome, auteur de "L'Espérance de vie : la fin des illusions" (Terre vivante, 2006) ;
André Cicolella, chimiste toxicologue, président du Réseau Environnement Santé ;
Laurent Chevallier, médecin nutritionniste attaché au CHU de Montpellier, auteur de nombreux ouvrages sur la nutrition et la santé.


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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 21:32

LE MONDE 23-09-2010

« Espérance de vie » : cette expression est un abus de langage. A moins d’être un démographe ou un statisticien, on l’interprète spontanément comme l’âge jusqu’auquel nous pouvons espérer vivre, alors qu’il ne s’agit que de la photographie de la durée moyenne de la vie à un moment donné. Il ne devient une « espérance » qu’à la condition de faire l’hypothèse que les taux de mortalité resteront stables ou diminueront, si l’on prévoit une augmentation de cette espérance.

Il est vrai que, selon cette définition, l’espérance de vie à la naissance n’a cessé d’augmenter depuis un siècle. Elle est aujourd’hui de 84,5 ans pour les femmes et 77,8 ans pour les hommes, principalement en raison de la baisse considérable de la mortalité infantile et des progrès spectaculaires de l’hygiène et de la médecine, qui ont permis de faire reculer les maladies infectieuses, causes dominantes de mortalité autrefois. Depuis dix ans, les gains d’espérance de vie ont été de trois années pour les hommes et de deux années pour les femmes. Ce sont ces chiffres qui sont mis aujourd’hui dans le débat public pour justifier l’allongement de l’âge de la retraite.

Mais ce tableau idyllique doit être complété par des indicateurs moins souriants, comme celui de l’espérance de vie en bonne santé, et là, surprise, celle-ci n’est, selon l’Insee, que de 63,1 ans pour les hommes et de 64,2 ans pour les femmes. Rappelons que l’Insee a une définition déjà restrictive de ce qu’est une bonne santé : « Absence de limitation d’activités (dans les gestes de la vie quotidienne) et absence d’incapacité. » Ainsi, une personne en rémission d’un cancer, un diabétique correctement soigné ou quelqu’un ayant eu un pontage coronarien sont en bonne santé.

Tout démontre que l’espérance de vie en bonne santé et encore plus l’espérance de vie tout court sont menacées par la montée des maladies chroniques qui se sont substituées aux maladies infectieuses comme cause dominante de mortalité et de morbidité. C’est ce qu’il est convenu d’appeler « la transition épidémiologique ». L’OMS qualifie cette « épidémie » de maladies chroniques comme « l’un des principaux défis du XXIe siècle ». La France n’est pas épargnée, comme le montre la croissance des affections de longue durée (ALD) du régime général de l’assurance-maladie (90 % de la population), dont les maladies cardio-vasculaires, les cancers et le diabète représentent les trois quarts.

Sur la période 2000-2008, alors qu’il n’y a pas eu de changement majeur de nomenclature, le nombre de nouveaux cas d’ALD chaque année (incidence) a augmenté de 37,8 %, dont 11,4 % seulement étaient liés au changement démographique. Le nombre total de cas (prévalence) est passé de 11,9 % de la population, en 2004, à 14,6 % en 2008, soit une augmentation de 23 % en quatre ans. Or la mortalité des personnes en ALD, à âge et sexe égaux, est 2,9 fois supérieure à celle des personnes qui n’en souffrent pas (5,8 fois plus avant 70 ans).

L’obésité, qui engendre une diminution d’espérance de vie de cinq à quinze ans, est une composante majeure de l’ »épidémie » de maladies chroniques. Lors d’une conférence sur l’obésité en juillet 2009, Bill Clinton déclarait que la jeune génération pourrait être « la première de l’histoire à avoir une plus faible espérance de vie que ses parents ». Cette déclaration faisait écho à celle de David Byrne, commissaire européen à la santé, quelques années plus tôt, en septembre 2004 : « L’obésité infantile pourrait être à l’origine d’un désastre sanitaire dans l’avenir. » Selon un rapport de l’International Obesity Task Force de mars 2005, un enfant sur cinq est en surpoids ou obèse en Europe, ce qui devrait conduire à une surmortalité à l’âge adulte de 50 % à 80 %.

L’augmentation actuelle de l’espérance de vie à la naissance est essentiellement celle des personnes nées au début du XXe siècle, principalement en milieu rural, dans un environnement peu pollué et avec un mode de vie plutôt sain au moins jusqu’à l’âge adulte. La tendance actuelle, en matière d’espérance de vie, risque de s’inverser lorsque les générations nées après guerre vont vieillir. Ces dernières ont vécu dans un univers totalement différent de celui de leurs aînés. Polluées dès la vie foetale par les substances chimiques de synthèse, elles ont mangé, souvent dès la naissance, une nourriture plus ou moins déséquilibrée (trop de sucre, d’aliments raffinés, de produits appauvris par des transformations industrielles, etc.), effet amplifié par le développement de la sédentarité.

Tous ces facteurs ont conduit à l’ »épidémie » d’obésité. Cette génération a aujourd’hui moins de 60 ans, trop tôt, sauf exception, pour mourir du cancer, de maladies cardio-vasculaires ou du diabète, mais le fléchissement du progrès de l’espérance de vie en bonne santé en France, la régression déjà observée de celle-ci dans des pays comme l’Allemagne, l’Autriche ou l’Italie montrent que la tendance séculaire à la progression de l’espérance de vie est en train de s’inverser.

Ainsi les prédictions de l’Insee, pour qui l’espérance de vie va continuer à croître au moins jusqu’en 2050, reposent sur des données fondées sur l’impact du recul des maladies infectieuses, sans prendre en compte la réalité actuelle des maladies chroniques. Un peu comme l’état-major de l’armée française avant- guerre croyait aux vertus de sa ligne Maginot sans voir que l’environnement avait changé depuis le précédent conflit. Avec le résultat qu’on sait.

Claude Aubert, agronome, auteur de « L’Espérance de vie : la fin des illusions » (Terre vivante, 2006) ;

André Cicolella, chimiste toxicologue, président du Réseau Environnement Santé ;

Laurent Chevallier, médecin nutritionniste attaché au CHU de Montpellier.

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 07:55

NATURAVOX 09-06-2010

j0432963.jpgAlors que l’on s’inquiète à juste titre des pollutions induites par les multiples produits chimiques qui nous entourent, on oublie que le simple fait de mélanger et de cuire ses aliments est une façon comme une autre de fabriquer des produits chimiques. Qu’elle soit de haute volée ou de bas étage, délicieuse ou quelconque, maison ou industrielle, bio ou pas, la cuisine, c’est toujours une transformation chimique des aliments. Et ce n’est pas parce qu’on est chimiste sans le savoir comme Mr Jourdin faisait de la prose que l’ingestion de ces composés chimiques est inoffensive.

On sait depuis fort longtemps qu’il se produit des réactions chimiques lors de la cuisson des aliments mais ce n’est que récemment que la science a commencé à s’y intéresser, soit pour rechercher de nouvelles saveurs et composer de nouvelles recettes, soit pour identifier et prévenir les dangers de la cuisson.

Passons rapidement sur les premiers, plus préoccupés de flagorneries gastronomiques que de santé publique et attachons nous à ce que nous apprennent les seconds. Des découvertes majeures et inquiétantes sur les composés chimiques induits par la cuisson ont en effet amené les pouvoirs publics, que ce soit en Europe, aux Etats-Unis ou au Canada, à lancer de vastes programmes de recherche. Il en ressort que ces réactions chimiques, communément appelées réactions de Maillard du nom du chimiste qui a été le premier à les étudier au début du 20ème siècle, sont nombreuses et complexes. Ainsi le programme HEATOX, initié par la commission Européenne en 2003, a-t-il permis d’identifier plus de 800 composés chimiques issus de ces réactions. Lire la suite

Lire aussi notre article sur le danger des benzopyrènes dans la cuisson sur barbecue

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Partenariats

CAP21 Nord Pas-de-Calais participe aux collectifs  régionaux :

- Sortir du Nucléaire,

- Contre l'exploitation des gaz de couche.

  • A Lille au Collectif "Place aux piétons et pour la mobilité douce"  pour une piétonnisation de la Grand Place de Lille dans un contexte de mobilité incitant à l'utilisation de transports doux (marche, vélo,...).
  • A Lesquin au Collectif "Lesquin Objectif 0,6" dans le cadre d'un combat des habitants pour une meilleure protection vis à vis des ondes électromagnétiques.

 

Lecture recommandée

CAP21 NORD PAS DE CALAIS vous incite à lire ces revues de grande qualité :

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Alternatives Economiques