CAP21 Nord-Pas-de-Calais, mouvement écologiste, humaniste et citoyen animé par Corinne Lepage pour un développement durable.
Le Comité de la prévention et de la précaution (CPP) a rendu publiques le 27 janvier ses recommandations sur les risques liés aux usines d’incinération d’ordures ménagères (UIOM). Ces recommandations interviennent suite à la demande de Roselyne Bachelot en octobre 2003 d’analyser les résultats d’une étude épidémiologique concluant à un risque accru de cancers pour les riverains de l’incinérateur de Besançon.
Les recommandations du CPP, développées dans une brochure de 64 pages, reviennent à replacer la question des incinérateurs au sein de la politique globale de gestion des déchets et s’articulent autour de six axes:
- une politique de prévention: réduction à la source des déchets, efforts nécessaires en matière d’écoconception et de tri des déchets;
- une application et une amélioration de la réglementation: outre les limites de concentration des rejets, les débits instantanés ou les concentrations dans l’environnement pourraient être considérées;
- une amélioration des conditions d’évaluation: un programme de recherche visant à améliorer la connaissance des conséquences environnementales et sanitaires doit être engagé;
- une surveillance accrue des sites actuels et anciens: les sites anciens doivent être répertoriés, l’environnement des sites actuels surveillé, tout comme les travailleurs de ces installations;
- une optimisation des filières de traitement des déchets, en tenant compte de l’ensemble des techniques disponibles (stockage, incinération, tri, recyclage)
- une promotion du débat public autour de la gestion des déchets dans sa globalité.
Outre ces grandes orientations, si les scientifiques s’accordent à dire qu’il existe un risque lié à l’impact sanitaire des incinérateurs, la quantification de celui-ci est difficile, et ce pour plusieurs raisons parmi lesquelles:
- la difficulté de toute étude épidémiologique d’individualiser l’effet d’une source;
- étant donné le temps de latence de l’apparition d’un cancer, les études portent finalement sur les rejets passés des incinérateurs; les impacts des incinérateurs actuels aux normes sont ainsi difficiles à appréhender.
Le CPP met aussi l’accent sur l’amélioration nécessaire des études d’impact, par exemple par la réalisation d’une étude climatologique ou d’une étude des habitudes d’auto-consommation des riverains (cultures potagères...).
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