CAP21 Nord-Pas-de-Calais, mouvement écologiste, humaniste et citoyen animé par Corinne Lepage pour un développement durable.
Plus ambitieux que No Logo, le nouveau livre de Naomi Klein, La Stratégie du choc, montre comment le capitalisme profite des catastrophes.
Son nom est devenu un handicap. Lors de sa dernière enquête, c'est son mari Avi Lewis, journaliste à la télévision canadienne, qui a dû prendre rendez-vous avec des responsables de la Banque mondiale. Une fois le feu vert obtenu, lui filmait les interviews et elle posait les questions. Une manière un peu tordue de procéder, mais elle n'avait pas le choix. Naomi Klein : ce nom résonne paradoxalement comme une marque de fabrique depuis le succès planétaire de son livre No Logo. La tyrannie des marques . Publié en 1999, cette « bible anticapitaliste », traduite en 26 langues, s'est vendue à plus d'un million d'exemplaires.
Son nouveau livre, La Stratégie du choc, qui vient de paraître en français (1), est déjà un best-seller. En tête des ventes dans les pays anglo-saxons, où il est sorti en septembre 2007, ce pavé de plus de 650 pages y a suscité une vive polémique que le critique londonien Robert Cole a bien résumée dans The Times : « Si vous êtes d'accord avec les idées de Naomi Klein, vous la trouverez passionnante, sinon vous considérerez que son travail n'est que foutaises. » La journaliste canadienne a réalisé un remarquable travail d'investigation.
Son objectif : révéler comment les ultralibéraux tirent avantage des crises et des cataclysmes, voire les provoquent, pour imposer violemment leur logique de profits. Ainsi, dix-neuf mois après le tragique passage de l'ouragan Katrina (septembre 2005), alors que la plupart des pauvres de La Nouvelle-Orléans n'étaient pas encore rentrés, presque toutes les écoles publiques de la ville sinistrée avaient été remplacées par des écoles exploitées par le secteur privé. Et 3 000 fonctionnaires furent congédiés dans les mois qui suivirent les inondations.
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