Les nouvelles du monde sont souvent déprimantes : crise alimentaire, violences et guerres, dérèglement climatique… Il faut donc saluer, enfin, une « bonne nouvelle » : on a dépassé les dix millions de millionnaires en dollars dans le monde ! C’est ce que montre le rapport 2008 du cabinet de conseil Capgemini et du groupe bancaire Merrill Lynch (1).
Pourquoi diable ces gens-là s’intéressent-ils aux très riches du monde ? Ils l’expliquent bravement : parce que ce sont leurs clients privilégiés et qu’il faut, je cite, « meet their needs », répondre à leurs besoins de placements « hautement sophistiqués ». Il s’agit donc d’une étude de marché sur un segment de la clientèle des investisseurs à chouchouter.
Les très riches sont définis comme des individus dont les actifs susceptibles d’être investis (patrimoine net mobilisable) dépassent le million de dollars. La valeur de leur résidence principale n’est pas prise en compte, contrairement à la base de calcul de l’ISF en France. ...
NdlR :Jean Gadrey, 63 ans, est Professeur émérite d'économie à l'Université de Lille . Ses domaines de recherche sont la « Socio-économie des services » et les « Nouveaux indicateurs de richesse », titres de deux livres récents publiés à La Découverte, coll. Repères. S'y ajoute le thème des inégalités, objet d'un essai "En finir avec les inégalités" (Mango, 2006). Il est membre du CNIS (Conseil National de l'Information Statistique). Il publie régulièrement des articles ou tribunes dans Alternatives économiques, Les Cahiers français, Politis, et Le Monde.