CAP21 Nord-Pas-de-Calais, mouvement écologiste, humaniste et citoyen animé par Corinne Lepage pour un développement durable.
( Crédit Photo: H2 Développement )
De la rue, rien ou presque ne distingue la résidence du Grand Air d'Equihen-Plage, dans le Pas-de-Calais, des autres bâtiments. Pourtant, à y regarder de plus près, une machine étonnante, une Windwall, est posée sur le toit. Pas-de-Calais Habitat, qui gère plus de 37.000 logements sociaux dans le département, a installé ici la première éolienne horizontale collective de France. En Hollande, pays d'origine de la Windwall, sept éoliennes similaires sont déjà installées sur le toit d'immeubles. Ressemblant à deux fouets électriques géants qui se tournent le dos, cette mécanique des villes est très différente de ses cousines des champs, hautes sur pattes avec une tête de fleur. Ici, l'axe est vertical mais l'éolienne est couchée. Cette conception nouvelle permet de réduire l'impact visuel, de maîtriser le niveau sonore en évitant l'effet "bruit d'hélicoptère" et de résister aux vents turbulents qui sévissent en milieu urbain. Avec 6 kilowatts (kW), elle ne supporte pas la comparaison avec ses grandes cousines. La citadine, souvent deux cents fois moins puissante, produit en moyenne trois cents fois moins d'électricité que les grandes fleurs d'acier qui tournent plus loin sur la côte.
Grâce à une exposition côtière privilégiée (des vents mesurés à 6,5 mètres par seconde en moyenne), la production annuelle devrait être d'au moins 7.000 kilowattheures (kWh). L'énergie produite devrait couvrir les besoins en éclairage des parties communes des quarante logements de l'immeuble. En pratique, l'électricité sera revendue à EDF pour un gain annuel estimé à au moins 1.000 euros. L'investissement de 70.000 euros, dont 48.000 euros pour la seule machine, financé à 53% par l'Ademe et le conseil régional Nord-Pas-de-Calais, et à 47% par Pas-de-Calais Habitat, est loin d'être rentable. L'éolien urbain est encore en phase d'expérimentation. "Nous menons une démarche globale pour développer les énergies renouvelables. Ce site pilote permettra d'accumuler de précieuses données", explique Linda Ledieu, de Pas-de-Calais Habitat. Jean-Christophe Vaillant, chargé d'affaires à Espace éolien développement (EED) qui a travaillé sur le projet, renchérit : "Il s'agit de valider des procédures techniques mais aussi administratives. Par exemple, si aux Pays-Bas le coût de connexion au réseau électrique est de 2.000 euros, il a fallu débourser 12.000 euros ici pour EDF ! Sur notre prochain projet, ce poste sera divisé par trois." De même, les coûts sont moindres de 10 à 20% si le projet est intégré dès la conception du bâtiment.
Source : Localtis, le portail des collectivités