La loi Grenelle est le plus important ensemble de réformes écologiques jamais envisagé en France. Pour autant, certaines des mesures les plus importantes ont été affaiblies, ou ont disparu, et des contradictions majeures mettent en question l'esprit du texte.
La bataille d'amendements sur le projet de loi de programmation du Grenelle de l'environnement a commencé à l'Assemblée nationale. Un an après le compromis du Grenelle qui s'est dégagé entre les acteurs réunis aux tables rondes d'octobre 2007, cette loi est une première traduction gouvernementale d'une révolution écologique qu'à l'époque Nicolas Sarkozy appelait de ses vœux en annonçant, le 25 octobre 2007, « une révolution dans nos façons de penser et dans nos façons de décider. Une révolution dans nos comportements, dans nos politiques, dans nos objectifs et dans nos critères ». Pourtant si, la lutte contre le changement climatique reste une priorité, elle est affaiblie par l'absence d'une réforme claire et globale de la fiscalité écologique, et par son retard sur les constats du dernier rapport du GIEC, qui énonce la nécessité de diviser par 20 plutôt que par quatre les émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés d'ici à 2050.