CAP21 Nord-Pas-de-Calais, mouvement écologiste, humaniste et citoyen animé par Corinne Lepage pour un développement durable.
Un an après le vote de la loi antitabac, Michel Delcroix, professeur d'obstétrique (Lille), responsable de Maternité sans tabac, estime que le fœtus n'est pas protégé contre le tabagisme maternel. LE FIGARO. - Vous soutenez que le fœtus n'est pas du tout protégé du tabagisme passif des parents.
Michel DELCROIX. - Avec ses décrets sur l'interdiction de fumer dans tous les lieux publics, le gouvernement vient de réussir la prévention du tabagisme passif. Mais quand la mère ou le père fume, le fœtus n'est pas protégé de la fumée de tabac ou de joint particulièrement dangereuse par le monoxyde de carbone (CO) qu'elle contient. Même si le fœtus n'est pas une personne juridique, son premier droit est d'être non-fumeur, c'est-à-dire d'être normalement oxygéné.
Malgré l'organisation de la conférence de consensus Grossesse et tabac, à Lille en octobre 2004, et la promotion par le ministère de la Santé de la charte maternité sans tabac signée par 340 maternités, plus d'un enfant sur cinq naît encore aujourd'hui après avoir été durant toute sa vie intra-utérine exposé au tabagisme maternel et/ou paternel.
Quels sont les risques pour le fœtus ?
La dangerosité sur le développement fœtal et le risque de handicap des toxiques majeurs, tabac, alcool, cannabis, toujours retrouvés dans le sang fœtal à des concentrations plus élevées que dans le sang maternel n'est plus à démontrer. La quantité de fumée inhalée et la durée d'exposition en sont deux éléments importants. L'exposition passive à la fumée de tabac ou de joints augmente pendant la grossesse le risque de retard de croissance intra-utérin et, lors de l'accouchement, le risque d'asphyxie du nouveau-né.
Le déficit d'oxygénation provoqué par l'inhalation de CO de la fumée de tabac ou de cannabis est la première cause toxique responsable de lésions cellulaires du système nerveux en développement, pouvant conduire dans certains cas à l'infirmité motrice d'origine cérébrale (Imoc) et dans une proportion beaucoup plus grande à des retards de croissance intra-utérins à l'origine de l'augmentation du nombre des faibles poids de naissance.
NdlR : Comme pour l'alcoolisme, le "grand retour en arrière" n'est jamais exclu. Le combat pour la santé publique ne doit donc pas être oublié dans notre région. Il reste beaucoup à faire et il faut que nos élus s'empare de ce combat !
M.E.