CAP21 Nord-Pas-de-Calais, mouvement écologiste, humaniste et citoyen animé par Corinne Lepage pour un développement durable.

Par Corinne LEPAGE
De Gaulle disait des Français qu’ils étaient des veaux. L’Histoire semble chaque jour davantage lui donner raison. On peut comprendre que l'affaire Clearstream, dans ses épisodes judiciaires quotidiens, ne passionnent pas les foules. En revanche, y aurait-il un seul peuple, dans un pays démocratique, qui accepterait, sans qu'aucune conséquence n’en soit tirée, sans aucune révolte, que, d'une part, au plus haut niveau de l'État, on se livre à une lutte à mort, sans se soucier moindrement, de l'intérêt général, et que, d'autre part ce soit le contribuable qui soit conduit à payer les turpitudes des bénéficiaires des rétro-commisssions de Clearstream.
Et pourtant, le fait qu’apparemment (mais il faut toujours se méfier des sondages et de la manière dont les questions sont posées) les Français ne s'intéressent que médiocrement à cette affaire, et plébiscitent Nicolas Sarkozy, pourtant président de l’UMP, parti de Jacques Chirac et Dominique de Villepin, laisse pantois.
Faut-il en déduire qu’ils sont tellement habitués à la décrépitude des institutions, à la corruption, à la défiance à l’égard des élites, qu'une affaire aussi scandaleuse, et symptomatique d'une pathologie grave de la démocratie française, ne leur fait rien ?
Faut-il en déduire que le bourrage de crâne auquel procèdent les médias, à longueur de colonnes sur, d'une part, la réduction de la campagne présidentielle au seul duel Nicolas - Ségolène, sur, d'autre part, le triste sort des » victimes » figurant sur la liste du corbeau, aurait convaincu l'immense majorité de nos concitoyens ?
Si tel était le cas, alors nous mériterions vraiment ce qui nous arrive car, précisément, c’est cette gestion désastreuse de la chose publique qui nous a conduits à ce sort, extrêmement enviable, de cumuler un chômage massif, une dette abyssale, un mal-être considérable, une perte d'identité et un contre-exemple permanent, en matière de probité et de transparence, dans le fonctionnement des institutions.
Le moment est venu d'aborder les sujets qui fâchent pour précisément changer de cap.
Or, manifestement les deux grands camps sont d'accords pour que ces sujets ne soient pas abordés.