CAP21 Nord-Pas-de-Calais, mouvement écologiste, humaniste et citoyen animé par Corinne Lepage pour un développement durable.
Dérive inquiétante, les jeunes s'adonnent de plus en plus aux boissons alcoolisées. C'est pourquoi les députés ont décidé d'interdire les soirées où l'alcool est servi à volonté après le seul paiement d'une entrée. La mesure est excellente pour nombre de médecins qui s'inquiètent de la hausse des hospitalisations des jeunes pour ivresse. Une augmentation qui touche aussi les mineurs. Il s'agit d'une véritable explosion selon les dernières données hospitalières. Chez les moins de 15 ans, les hospitalisations ont augmenté de 50 % entre 2004 et 2007 (786 admissions contre 1 226). Le phénomène touche la France entière.
Au centre hospitalier universitaire de Nice, les urgentistes sont ainsi passés de 10 à près de 50 cas par an. «Depuis plusieurs années, les chiffres progressent», s'inquiète Hervé Haas, le responsable des urgences pédiatriques. Le mois dernier, cinq collégiennes de 14 à 15 ans ont été accueillies dans son service. Scénario désormais presque banal : ces adolescentes avaient profité de l'annulation d'un cours pour filer au magasin du coin s'acheter de la tequila. De retour dans leur classe, une heure plus tard, elles étaient ivres. «L'une d'elles était dans le coma», raconte Hervé Haas en poursuivant : «Ces ivresses concernent des mineurs de plus en plus jeunes. J'ai déjà dû m'occuper de gamins de 11 ans.» Mais ce phénomène inquiétant reste, selon lui, difficile à appréhender. «Nous ne voyons qu'une faible partie de l'iceberg. Seuls les états les plus graves sont portés à notre connaissance.» Au centre hospitalier du Mans, où l'on pousse le même cri d'alarme, les voyants sont également au rouge. «On est passé de 10 à plus de 100 ivresses par an», s'inquiète l'une des praticiennes, le docteur Michèle Damay.