Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

CAP21 Nord-Pas-de-Calais, mouvement écologiste, humaniste et citoyen animé par Corinne Lepage pour un développement durable.

Publicité

Tout va très bien, Madame la Marquise !!!

Par Corinne LEPAGE


Je suis de plus en plus désabusée quand je constate le niveau actuel du débat politique et le spectacle qui nous est servi.

A gauche, la valse des candidats autour d'un programme boudé par les adhérents et qui ne constitue qu'un plus petit dénominateur commun se réduit aujourd'hui à un TSS, Tous Sauf Ségolène et à la réapparition de Lionel Jospin comme sauveur d'une unité perdue.

À droite, la question du candidat ne semble pas poser de difficultés, seul Jacques Chirac semblant croire encore qu’il puisse ménager un peu de suspense sur sa candidature.

En revanche, on insiste à des initiatives pour le moins curieuses, dont l'organisation d'un débat public sur le thème « peut –on être sarkozyste et de gauche », question qui me semble avoir autant de sens que peut-on être prêtre et ne pas croire en Dieu ?

Victor Hugo avait coutume de dire « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface ». Que cette phrase prend un sens cruel lorsque nous regardons ce navrant spectacle de bateleurs aveugles. Seul le mot importe, ramassis de verbiage sans sens, coupé du réel.

Sans doute, la véritable joie qu’ont ressenti nombre de Français lors de la victoire contre l'Espagne offre- t-elle une pause, un souffle dans une atmosphère délétère de fin de règne où les chances de se réjouir sont particulièrement peu fréquentes.

Les problèmes de la France sont toujours là et restent sans solution. Des orientations à contre-courant continuent à être prises comme la privatisation de Gaz de France, la relance des programmes autoroutiers, etc….

La gouvernance reste plus que jamais en panne. Pour la première fois, les institutions de la Ve république sont renversées puisque la majorité parlementaire défie le premier ministre qui tient le président de la république. Le monde à l'envers !

Des sujets de fond, il n'est pas question. Le principe directeur dominant est devenu : « N’en parlons pas, ils ne verront rien » et nous sommes condamnés à suivre les déclarations et petites phrases des ténors du PS, de l’UMP, de l’Elysée ou de Matignon qui n’ont pour seul objectif que de faire de la surenchère et déstabiliser leurs adversaires et non de traiter les problèmes du pays.

Mon propos doit être nuancé. Il semblerait que certains députés aient découvert que le changement climatique était un sujet majeur. Il faut s'en réjouir car c'est une réalité. Les mesures techniques et partielles qui sont proposées comme faire payer à l'énergie fossile la réalité de son prix ou tout au moins une partie de la réalité de son prix, en termes de coûts collectifs, vont évidemment dans le bon sens. Elles auraient incontestablement un effet de levier dans la mesure où elles seraient adoptées.

Cela est-il suffisant ? Je suis convaincue du contraire.

D’une part, la politique actuelle contredit largement l’analyse des parlementaires : report de la mise à jour du plan climat sans explication, multiplication des projets autoroutiers, orientation des crédits sur le seul nucléaire. Ces options créent un véritable préjudice industriel à notre pays et nous empêcheront de rattraper le retard pris sur d’autres pays européens (Allemagne, Danemark, Espagne,) voire d’autres nations (États-Unis, Japon, Chine).

En second lieu, pour que la lutte contre le changement climatique devienne effectivement la priorité nationale, ce sont toutes les politiques publiques ainsi que les méthodes de gouvernance qui doivent être revisitées.

Si les mesures techniques sont indispensables, si la fiscalité, la réglementation doivent être ajustées, elles n'auront leur efficacité que si elles s'accompagnent d'une politique de formation des acteurs publics, des entreprises, des maître d’œuvre , d'une réorientation massive des crédits de recherche en faveur des écotechnologies et surtout d'un mode de gouvernance qui fasse des citoyens les maîtres de leur destin.

Non, nous ne sommes pas des gogos, destinés à avaler les bassines d’hypocrisie et de cynisme qui nous sont servies à longueur d'année. La relation entre le pouvoir, les annonceurs et les médias est évidemment au cœur des enjeux de la rénovation de nos pratiques démocratiques car personne ne peut évidemment se satisfaire de voir disparaître le journalisme d’investigation ou l’impertinence d’un Fogiel ou d’un Ardisson sur le service public.

Oui, la société civile doit trouver les moyens de s’exprimer et de participer aux choix publics majeurs. C’est sur ce thème que CAP 21 placera les réflexions de sa prochaine université d’été en préparation de la campagne des Présidentielles.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article