CAP21 Nord-Pas-de-Calais, mouvement écologiste, humaniste et citoyen animé par Corinne Lepage pour un développement durable.
En juillet dernier, lors de la présentation du rapport de la commission Rocard, le consensus politique paraissait large en faveur de l'instauration d'une taxe carbone. Quelques semaines plus tard, il a visiblement disparu, notamment avec la prise de position de Ségolène Royal lors de l'Université d'été du Parti Socialiste à la Rochelle le 28 septembre dernier, dénonçant un impôt « absurde, injuste, historiquement décalé dans le temps ». La « taxe carbone » n'est certes pas « la » solution au problème des émissions de gaz à effet de serre, contrairement à ce que certains de ses promoteurs ont parfois laissé croire, notamment dans l'entourage de Nicolas Hulot qui en avait fait la mesure principale de son pacte écologique (d'ailleurs signé à l'époque par Ségolène Royal voir www.pacte-ecologique.org ). Compte tenu de l'ampleur du défi - diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre de la France d'ici 40 ans - une telle taxe n'est en effet qu'un des nombreux instruments qu'il faut mettre en œuvre : des normes plus strictes, des interdictions plus nombreuses, des règles d'urbanisme différentes sont souvent susceptibles d'avoir des effets plus importants sur les émissions qu'une taxe carbone. En effet, elles agissent sur les investissements lourds, structurants, qui déterminent bien plus le niveau des émissions que les seuls arbitrages des individus dans les supermarchés en fonction des prix, choix largement surdéterminés en particulier par l'urbanisme qui leur est imposé.