Par Corinne LEPAGE
La question n'est pas de savoir si la gauche a besoin de l'écologie. Poser la question de la présidentielle dans ces termes contribue à ancrer l'écologie politique dans le ghetto dans lequel il est planté depuis 2 ans. Les Verts ont certainement besoin de la gauche pour exister car c'est grâce à elle qu'ils ont des élus. Et c'est précisément pour n'avoir pas compris le poids de l’écologie dans la société contemporaine que la droite n'a jamais voulu d'élus et est aujourd'hui un repoussoir. Mais, je me moque de savoir si la gauche a besoin de l'écologie. C'est la société qui en a besoin pour répondre aux défis et éviter les catastrophes. Poser la question en terme d'alliances électorales est sans doute réaliste, mais suicidaire pour l'écologie politique car elle contraint à se soumettre à une culture, qu'elle soit de droite ou de gauche, qui est incompatible avec la nouvelle vision qu'il faut avoir des rapports entre économie et écologie.
La solution ne se trouve pas dans l'altermondialisme et la priorité donnée à des rapports nord-sud qui de surcroît ne signifient plus grand chose dans la configuration géostratégique dans laquelle nous vivons. Les états pétroliers ou l'Iran sont-ils du nord ou du sud ? Du sud , mais ils sont plus riches que bien des Etats du nord et pourtant leur population est largement deshéritée. C'est évidement au centre, c'est à dire dans un espace politique où des personnes venues de la droite comme de la gauche peuvent se retrouver que se construit une écologie politique qui, un jour ne sera plus groupusculaire, puis plus minoritaire. Dés lors, arrêtons de s' interroger sur ceux que nous pouvons aider dans une perspective purement électoraliste. Travaillons à convaincre le maximum de nos concitoyens par des propositions réalistes et appropriées que notre projet est le seul qui puisse permettre la vie dans le siècle qui a commencé