CAP21 Nord-Pas-de-Calais, mouvement écologiste, humaniste et citoyen animé par Corinne Lepage pour un développement durable.
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Hormis elle, personne n'avait osé porter du bleu. Sans doute pour rappeler qu'elle fut « juppette » en 1995 et UDF aux régionales de 2004. Invitée par les Verts à livrer sa vision de l'écologie politique à l'occasion des journées d'été du parti, Corinne Lepage a sans conteste, et de l'avis même de cadres Verts, été la grande gagnante du week-end.
L'accueil d'abord. Arrivée la veille de son intervention, avant le très médiatique Nicolas Hulot, la présidente de Cap 21 a été chaleureusement reçue par « Dominique, Yann, Jean-Luc... » et quelques militants sur le marché bio de Coutances (Manche), où rôdaient pourtant deux ou trois agitateurs...
Le discours ensuite. Quitte à essuyer des huées, la candidate à la présidentielle s'est refusée à éluder les questions qui fâchent, comme celles sur ses origines politiques ou sur le conflit israélo-palestinien : « Il faut être capable d'aller au-delà de la droite et de la gauche, a-t-elle déclaré, moi, je ne suis mariée avec personne », reconnaissant néanmoins que « la route sera longue ».
Comme placée sous un anticyclone, Lepage a même devancé Hulot et l'ex-Vert Stéphane Pocrain à l'applaudimètre. L'absence de José Bové, qui stigmatisait le même jour dans la presse le penchant « social-libéral » de Voynet, est devenue anecdotique. Les mauvaises langues diront qu'il apporte les dernières retouches à la maison écolo qu'il a prévu d'occuper le 10 septembre... Sur sa chaise, Yves Contassot, pas très chaud au départ à l'idée d'une telle réunion, s'avoue « surpris » par la tournure des événements. Plus loin, l'oecuméniste Jean-Luc Bennahmias savoure l'instant. « Les militants sont favorables à l'émergence d'un mouvement écolo transcendant les clivages », dit-il, ajoutant au sujet de Lepage : « Elle a bien défendu son bout de gras. » Le député européen ne veut pas en rester là, persuadé que l'ouragan « Ségolène » raflera tout sur son passage.
Du coup, on en oublierait presque l'explosion des courants Verts à trois mois du congrès de Bordeaux, annonciateur d'un climat houleux. Encore une fois
Saïd Mahrane
Le Point. 31 août 2006