CAP21 Nord-Pas-de-Calais, mouvement écologiste, humaniste et citoyen animé par Corinne Lepage pour un développement durable.

Le débat sur la démocratie participative a été, cette semaine, dans l'actualité brûlante, du fait des propositions, qualifiées poliment de fantaisistes, de Ségolène ROYAL, pour les Socialistes, et de Dominique DE VILLEPIN, pour l'UMP.
Au delà du débat sur les propositions en elles-mêmes ( jury citoyen ou débats du Conseil des Ministres filmés), aucun des deux ne propose, finalement, que le citoyen soit, en tant que tel, associé à la prise de décision.
En effet, l'objectif du Jury citoyen serait (même si cela mérite peut-être d'être développé et précisé) de juger les élus, soit d'intervenir après la prise de décision.
Pour la publicité des débats du Conseil des Ministres, le citoyen ne serait même que spectateur, direct certes, mais spectateur tout de même, de la prise de décision.
A Cap 21, nous avons formulé plusieurs propositions visant à associer, dans la mesure du possible, le citoyen qui le souhaite, à la prise de décision. Quelles sont-elles ?
1°) Possibilité pour un groupe de citoyen, dont le nombre reste à préciser, de demander directement l'organisation d'un référendum, soit local, soit national, sur un sujet qui le concerne directement,
2°) Elargissement des compétences du Conseil Economique et Social (voire des Conseils Economiques et Sociaux Régionaux), afin d'en faire réellement des assemblées de la Société Civile, et de les associer au processus décisionnel, plus uniquement à travers un simple avis,
3°) Généralisation des Comités de Pilotage Paritaires (Elus - Représentants des Associations de riverains), sur des projets structurants, mettant en jeu les conditions et le cadre de vie local - C'est notamment ce que nous demandons, sur le Nord Pas de Calais, pour les projets d'Eoliennes sur le Cambrésis, et sur le projet du TER GV autour de Le Quesnoy.
Nos "grands décideurs" n'auraient-ils pas suffisamment de recul pour, tout comme nous, se rendre compte que les citoyens souhaitent, désormais, être associés aux décisions qui les concernent ? NON.
Ils ont simplement peur d'un phénomène communément appelé "NIMBY", qui désigne de façon pas toujours très positive, les personnes opposées à des projets menaçants leur environnement proche.
Dans un article paru en Juillet 2006, dans le Journal "L'Ecologiste", Zac GOLDSMITH, Directeur de cette revue, a fait l'apologie des "Nimby", précisant qu'il ne voyait pas "quel mal il pouvait y avoir à vouloir protéger son environnement ?", précisant par ailleurs que "selon le Times, 84% des Britanniques sont Nimby" et qu'il ne comprenait pas "pourquoi des gens sensés - militants, écologistes, naturalistes - ont laissé donner à ce terme un sens péjoratif".
Mon point de vue sera plus nuancé: si la plupart de ceux que l'on qualifie de "Nimby" ne sont que des gens soucieux de leur qualité de vie, et de celle de leurs concitoyens, il ne faut pas nier qu'il existe, là comme ailleurs, des "extrémismes", des "contre-tout", avec lesquels, il est vrai, le débat constructif n'est pas possible (ou très peu).
Néanmoins, mon expérience montre que ce type de comportement reste très minoritaire et que, de chaque côté, celui des décideurs ou celui des citoyens, ce qui doit prévaloir, c'est le principe de responsabilté.
Oui, les citoyens de France sont suffisamment mâtures pour être, réellement, associés aux prises de décision qui les concernent, et il n'appartient qu'aux décideurs de mettre en place les conditions d'une association efficace, pour le bien de tous.
le "Nimby" ne doit donc pas être craint car que ce soit moi, que ce soit vous, simples citoyens, que ce soit vous, les décideurs, nous sommes tous, potentiellement, à un moment où à un autre, des "Nimby".
La balle est donc dans le camp de notre chére Ségolène et de notre cher Dominique (ou Nicolas..., ou Jacques...ou un autre !!!), pour que les aspirations profondes de notre société soient enfin entendues...en espérant qu'elles le soient réellement !!!
Laurent JEANNAS, Délégué Régional Cap 21 Nord Pas de Calais.