CAP21 Nord-Pas-de-Calais, mouvement écologiste, humaniste et citoyen animé par Corinne Lepage pour un développement durable.
L’utilisation des pesticides est aujourd’hui un sujet majeur, compte tenu des conséquences potentielles sur la santé (cancers, troubles neurologiques, problèmes du développement du fœtus, etc.). Les épandages sur les cultures sont montrés du doigt et l’arrivée des OGM dans la chaîne alimentaire risque d’aggraver ces effets. Les deux grandes catégories de pesticides utilisés en agriculture sont les insecticides et les herbicides.
· Les insecticides peuvent être pulvérisés sur les plantes pour lutter en traitement externe contre les insectes ravageurs. Dans le cas d’une culture d’OGM « résistants » aux insectes, l’agriculteur n’a pas recours aux pulvérisations d’insecticides car chaque OGM est capable de produire son propre insecticide. D’après JP Berlan chercheur à l’INRA, la quantité d’insecticide produite et contenue dans la totalité des OGM d’une parcelle d’un hectare est de 10 000 à 100 000 fois plus importante que la quantité utilisée par pulvérisation sur une même parcelle non-OGM.
· Afin d ‘éliminer les « mauvaises herbes » de son champ d’OGM, l’agriculteur utilise de l’herbicide total. Ce poison mortel est sans effet sur certains OGM créés pour être capables de survivre imbibés d’herbicide.
Actuellement seuls ces deux « avantages » sont exploités pour 99 % des OGM dans le monde. Arrivés à maturité, ces OGM renferment donc des quantités d’insecticides et d’herbicides beaucoup plus importantes que les autres plantes cultivées. Nous ne consommons pas directement ces OGM mais on estime que 60 à 80% de ceux-ci pénètrent à notre insu dans la chaîne alimentaire via l'alimentation des animaux d'élevage. Le secteur de l'alimentation animale représente l'essentiel du marché des OGM. A l'heure actuelle, il n’existe pas d’étiquetage spécifique indiquant aux consommateurs si le lait, la viande, le fromage proviennent d’animaux nourris ou non avec des OGM. Le problème toxicologique réside dans le fait que les pesticides ingérés par les animaux sont d’abord filtrés par le foie qui en retient une partie mais pas la totalité. Les résidus se concentrent ensuite dans les tissus gras et dans le lait des animaux. Ce phénomène de la bio-concentration affecte tous les produits d’origine animale - viande, œuf, lait, poisson, volaille. Ces produits renferment de plus grandes concentrations de résidus de pesticides que les fruits ou les légumes. L’Homme, grand consommateur de viande et de produits d’origine animale s’expose donc à des intoxications chroniques aux pesticides. Il est donc important de construire une stratégie de réduction de l’utilisation des pesticides dans l’agriculture traditionnelle pour éviter la contamination de l’environnement et de la nourriture mais il convient également de s’interroger sur le bien fondé de la création de tels OGM qui aggravent la contamination de l'être humain par ces substances.
Rodolphe MARTIN