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CAP21 Nord-Pas-de-Calais, mouvement écologiste, humaniste et citoyen animé par Corinne Lepage pour un développement durable.

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"Je pense que Nicolas HULOT ne sera pas candidat"

L’interview plus-value de... Corinne Lepage, présidente de Cap 21, candidate à l’élection présidentielle.

Contre toute attente, l’écologiste de centre-droit, Corinne Lepage avait dépassé la barre des 2 % à la présidentielle de 2002. À l’aube de la campagne de 2007, elle s’interroge face à la montée en puissance de Nicolas Hulot.

Vous publiez un ouvrage collectif intitulé « Pour un New Deal écologique » (Ecoresp 2, diffusé sur le Net). L’écologie n’est pas un frein à la croissance mais un facteur de développement ?

Tout à fait, c’est une opportunité. Avec ce « New Deal écologique », on pourrait créer 250 000 emplois en cinq ans. Un véritable effort dans ce domaine améliorerait la qualité de vie des gens, leur pouvoir d’achat et créerait des entreprises non « délocalisables ». L’éco-technologie au niveau mondial représente un marché de 470 milliards de dollars (356 milliards d’euros), donc autant que la pharmacie. Il nous faut des leaders mondiaux dans ce secteur.

Pourquoi nos voisins européens se débrouillent-ils mieux que nous ?

Nos PME qui travaillent sur ces marchés sont tuées par les grands groupes, EDF, GDF, etc. De plus, la France a priorisé des secteurs technologiques de pointe, notamment dans l’aéronautique et le nucléaire, mais dans le même temps, elle a considéré comme marginal l’éco-technologie. L’Allemagne, au contraire, a investi massivement dans l’éolien.

On peut être libéral et écolo ?

Je crois qu’une économie de marché peut être compatible avec une préoccupation écologique à condition qu’une vraie régulation soit assurée. Autrement dit, il faut parvenir à une vérité écologique des prix.

Dans ce marché mondialisé où la concurrence internationale est impitoyable, on a intérêt à s’imposer une « vérité écologique des prix » ?

La moyenne européenne en termes de fiscalité écologique est de 6 %, nous sommes à 3 % et certains pays sont à 10 % ! Je ne nie pas qu’il existe du dumping social et écologique. Mais sur le long terme, on est gagnant. Les Hollandais ont calculé ce que leur avait coûté l’interdiction de l’amiante avec 30 ans de retard : 17 milliards d’euros en dépenses de santé et de construction. Je n’ose pas imaginer ce que ça nous coûte à nous qui sommes 8 fois plus gros...

Le privé a-t-il de l’avance sur le public en matière écologique ?

Oui. D’abord, il existe des entreprises dont c’est le business et qui ne demandent qu’à se développer. Quant aux autres, c’est vrai qu’elles ont commencé dans le marketing vert. Mais elles commencent à comprendre que pour le recrutement de leurs cadres et de leurs nouveaux clients, leur éthique environnementale est importante. Dans la classe politique, on en est encore au marketing vert.

Dans Ecoresp 1 et 2, vous faites plusieurs centaines de propositions. Pourquoi celles de Nicolas Hulot sont-elles plus audibles que les vôtres ?

Dans ses propositions, il y en a que je martèle depuis des années. Simplement, je n’ai pas la même capacité médiatique.

Le phénomène Hulot est exclusivement une bulle médiatique ?

Nicolas Hulot est un « abbé Pierre » de l’écologie. Il est la deuxième personnalité préférée des Français. Il a transformé ce capital affectif en prise de conscience dans l’opinion. Mais son passage vers la sphère politique me donne le sentiment d’une instrumentalisation de sa popularité par les partis. Ce concours du « c’est moi qui t’aime le plus » a quelque chose d’indécent.

Un vice-premier ministre du développement durable, ce serait utile ?

Oui, s’il a la signature. S’il n’est là que pour présider les commissions, il ne servira à rien.

Nicolas Hulot doit-il être candidat ?

Un candidat à la présidentielle ne peut pas parler que d’environnement. Il doit aborder tous les problèmes du pays. Je ne crois pas que Nicolas Hulot en ait envie et soit préparé à le faire.

S’il décide de se présenter, vous retirez votre candidature ?

Je n’en sais rien. Je pense qu’il n’ira pas.

Vous qui rêvez d’une femme à l’Élysée (vous l’avez écrit dans un roman), vous avez l’occasion d’en élire une qui est, de surcroît, très sensible aux questions environnementales. Pourquoi ne soutenez-vous pas Ségolène Royal ?

Si ça se jouait entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, je ne sais pas pour qui je me désisterais au second tour. Je n’ai pas envie d’aider quelqu’un qui veut généraliser les 35 heures, accroître la dette publique et nous emmener dans des orientations économiques d’extrême gauche. À mes yeux, une femme a un plus par rapport à un homme, mais il n’est pas décisif.

Propos recueillis par Yves Derai

©2006 Economie Matin

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