Dans le Cadre de ses engagements communautaires, la France à l’obligation d’incorporer 5,75 % de biocarburants à l’essence ou au gasoil, d’ici 2010.
Afin de répondre à cette exigence, des agréments supplémentaires ont été délivrés début Juin, à six entreprises spécialisées, à la fois pour transformer du blé en éthanol, destiné à intervenir comme additif à l’essence, et pour transformer des cultures oléagineuses en bio-diesel.
Il est simplement dommage que le projet Ethanord, qui prévoit la construction d’une usine d’éthanol sur le site de l’ex-unité de raffinage de zinc de Noyelles Godault, n’ait pas été retenu.
Ce projet n’est pas pour autant irrémédiablement compromis, car le gouvernement à d’hors et déjà annoncé le lancement, en fin d’année, d’un nouvel appel à candidature, dans l’optique de nouvelles attributions d’agréments en 2008.
La filière betteravière n’est pas non plus oubliée, car une usine de production directe d’éthanol va voir le jour à Origny Sainte Benoite ( Aisne ), dans le courant de l’année 2005, et traitera les sous-produits de la fabrication du sucre, issus de quatre usines, dont escaudoeuvres, près de Cambrai, et Boiry Sainte Rictude, dans le Pas de Calais.
Alors, véritable lancement d’une politique de développement des bio-carburants ou simple effet d’annonce ?
L’avenir nous le dira, mais on peut déjà regretter la modestie du volume d’agréments accordés par les pouvoirs publics.
En effet, quand on sait qu’un hectare de blé peut produire l’équivalent de 4,8 tonnes de pétrole, et que la production de 1000 tonnes de biocarburants permet de créer de 2,8 à 5,8 postes de travail, contre 0,02 pour son équivalent en essence, le développement de cette filière semble devoir devenir une priorité d’action.
CAP 21 Nord Pas de Calais demande donc au gouvernement, non seulement de poursuivre l’action entamée, mais d’accélérer et d’accentuer les attributions de volumes d’agréments.
Laurent JEANNAS