CAP21 Nord-Pas-de-Calais, mouvement écologiste, humaniste et citoyen animé par Corinne Lepage pour un développement durable.
Entre 2000 et 2005, 160 000 exploitations agricoles françaises, ont mis la clé sous la porte, soit une toutes les 22 minutes....
L'agriculture connaît une nouvelle vague sévère d'érosion de ses fermes agricoles, au détriment principalement des petites fermes et des fermes associant culture et élevage ou élevage à l'herbe.
Contrairement à d'autres pays européens, le gouvernement français a continué de favoriser une politique de production agricole intensive.
Les aides à l'agriculture sont en effet restée axée très fortement sur des aides à la production (87 %) qui favorisent l'agriculture intensive et surtout les grandes exploitations. Ainsi 1 % d'entre elles captent autant d'aides que 40 % des autres fermes françaises.
C'est ainsi qu'entre 2000 et 2005, 160 000 exploitations ont mis la clé sous la porte, soit une toutes les 22 minutes !
Alors même que cette politique commence à être a par d'autres pays européens, qui eux, ont mis l'accent sur les aides découplées de la production et favorisant les bonnes pratiques environnementales. Ainsi, la Finlande et l'Autriche dispensent désormais leurs aides à 40 % sous forme de mesures agri-environnementales (13 % en France).
Mais surtout, la récente décision de figer les aides à leur niveau de 2001,2002 et 2003 jusqu'en 2012 (date à laquelle elles devraient être supprimées selon les règles de l'OMC) est catastrophique. Elle fige de même les inégalités entre les exploitations françaises. Pire, les exploitations bénéficiant des mesures agri-environnementales (prime à l'élevage à l'herbe, plantations de haies, etc.), qui sont fixées pour 5 ans et ne seront apparemment pas reconduites se retrouvent dans une distorsion de concurrence encore accentuée.
Cette politique, assez passée sous silence, est proprement scandaleuse.
De même, la seule mesure phare "environnementale" de la majorité au pouvoir annoncée pour leur programme législatif de 2007, la défiscalisation des biocarburants, dans leur programme est catastrophique.
Elle l'est sur le plan agricole, car elle favorise les grandes exploitations à monoculture tandis que les petites fermes, situées notamment en zones de montagne, ou en zones de bocages seront particulièrement défavorisées, alors même que ces territoires sont déjà en déprise.
Elle l'est sur le plan environnemental
car ces cultures sont largement défavorables au maintien des haies, au maintien d'une biodiversité locale, dont les insectes et les oiseaux seront les premiers à souffrir. Elle signifie enfin une augmentation significative de l'utilisation des pesticides. Ainsi, la consommation de pesticides a augmenté de +5 % cette dernière année, une croissanc que l'UIPP - le groupement des industries phytosanitaires- attribue notamment au début des cultures à biocarburants.
De ce fait, elle ne va pas dans le sens d'une amélioration de la qualité des eaux, dont 96 % sont contaminées par les pesticides en surface, et 61 % dans les nappes sous-terraines.
Elle ne va pas davantage dans le sens d'une amélioration de la santé publique puisque l'on reconnaît aux pesticides des effets cancérigènes, mutagènes et hormonaux, qui agissent notamment sur la reproduction.
sources : agreste (disponible à partir d'agriculture.gouv) uipp projet législatif UMP ifen, Pierre Boulanger, les réalités de la distribution des subventions agricoles en France, Sciences Po, groupe d'économie mondiale, 10 novembre 2005 observatoire des pesticides