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CAP21 Nord-Pas-de-Calais, mouvement écologiste, humaniste et citoyen animé par Corinne Lepage pour un développement durable.

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Concurrence politique ou coopération politique ? un clivage pertinent, qui distingue les Centristes des autres.

Décidemment, l'élection présidentielle 2007 ne ressemble à aucune autre... et tout porte à croire qu'elle n'a pas fini de nous surprendre. Pour la première fois depuis longtemps, il y a une réelle incertitude sur la configuration du second tour... et singulièrement, au lieu de nous inquiéter (voir nous paniquer) comme ce fut le cas le 21 avril 2002, cette incertitude fait naître au contraire un réel espoir dans ce pays !  

Et pourtant, tout avait été méticuleusement organisé pour que la campagne 2007 s'inscrive dans la continuité des précédentes élections présidentielles : les deux principaux partis ont verrouillé le système des paraînages - pour leur permettre de mieux choisir leurs adversaires ; les coups bas et les petites phrases assassines sont stratégiquement disséminés - pour mieux donner l'illusion d'une opposition droite/gauche ; le ban et l'arrière ban des « peoples » engagés (voir encartés) sont propulsés devant les caméras - pour rendre les candidats plus sympathiques aux yeux des électeurs... rien ne nous a été épargné ; pire, nous avons droit à toute la panoplie de la politique politicienne, puissance 10 !

Malgré tous les efforts déployés par le PS et l'UMP pour façonner cette élection à leur mesure, le paradoxe est là : non seulement la campagne leur échappe complètement, mais surtout, elle risque d'entraîner l'ensemble du système vers sa dissolution définitive... le « Léviathan » politique qui nourrissait les deux « grands » partis vivrait-il ses dernières heures ? Sans doute, car désormais, les Français savent qu'il existe une réelle alternative... viable cette fois !  

Cette « révolution douce » est portée par le candidat François Bayrou, et au-travers lui, par l'ensemble des centristes autonomes (le récent raliement de Corinne Lepage le confirme). Car à la différence du PS et de l'UMP qui considèrent que la politique n'est rien d'autre qu'une affaire de concurrence entre deux camps, François Bayrou et Corinne Lepage soutiennent au contraire qu'il est nécessaire d'entrer dans l'ère de la coopération. Ce faisant, ils imposent un nouveau clivage (politique concurrentielle contre politique coopérative), lequel ébranle toutes les fondations du système actuel.

Finalement, sur le fond, PS et UMP sont d'accord sur l'essentiel : il n'y aurait pas d'autre destin pour la France que de choisir un camp (la gauche ou la droite) et d'osciller indéfiniment entre ces deux blocs... la situation concurrentielle ainsi instituée, le but du jeu de la politique n'est plus de régler les problèmes de nos concitoyens, mais d'exacerber des différences pour mieux se démarquer de l'autre au moment des élections. Parallèlement à cette surenchère idéologique, marquée par la radicalisation des propos tenus (plus de conservatisme et de libéralisme pour la droite ; plus d'antilibéralisme et d'utopies sociales pour la gauche), nous assistons dans le même temps à une « concentration » structurelle des forces politiques soit au sein d'un parti unique (type UMP), soit dans le cadre d'un système quasi-féodal au bénéfice du plus gros (type PS).

François Bayrou et Corinne Lepage proposent autre chose : faire coopérer les compétences de ce pays autour d'un projet commun (ce que Corinne Lepage appelle « le pari de l'intelligence collective »), sans considération des étiquettes politiciennes. C'est, du reste, un mode de fonctionnement pour le moins courant en Europe et dans le monde... mais aussi en France, dans les milieux ruraux et les villages. C'est surtout de cette manière là que fonctionne notre tissu associatif, et au-delà, la plupart des forces sociales.  

Sans surprises, les partisans de la politique concurrentielle tentent grossièrement de caricaturer et dénaturer le projet centriste : PS et UMP sont unanimes pour dénoncer une entreprise visant à assimiler la gauche et la droite au sein d'une représentation unique... Nicolas Sarkozy va plus loin, et brandit l'épouvantail de la 4e République (thèse pour le moins discutable au regard du droit constitutionnel)... rien de cela ne tient... les Français ne sont pas dupes.

Soyons clairs : la coopération n'a rien à voir avec l'assimilation... non seulement les centristes reconnaissent les différences de valeurs et d'analyses qui peuvent exister entre les uns et les autres, mais surtout, il n'a jamais été question de gouverner avec tout le monde. La coopération n'est possible qu'à condition de définir une cohérence d'action qui transcende ces différences.  

En réalité, avec la radicalisation des idéologies au PS et à l'UMP, une majorité de nos concitoyens (modérés) se retrouvent orphelins d'une représentation politique qui leur ressemble : les Français, comme les Européens, acceptent pour la plupart l'économie de marché comme étant le cadre naturel de leur développement ; ils revendiquent dans le même temps plus de régulation sociale et environnementale, et moins de conservatismes moral et social. Dès lors, il leur est impossible de choisir entre un modèle antilibéral proposé à gauche, et un modèle ultra-libéral et conservateur proposé à droite. La cohérence revendiqué par le projet centriste est indéniable : la construction d'une économie sociale et environnementale de marché !

Du reste, force est de constater que ni le PS, ni l'UMP ne sont capables de proposer cette cohérence là : la gauche tente de nous resservir le coup de la « majorité plurielle » de  1997, à savoir l'union de la gauche antilibérale et sociale-libérale ; la droite essaie de faire le grand écart entre les gaullistes de gauche, les chrétiens démocrates, les conservateurs (et leurs ultra) et les libéraux (et leurs ultras aussi).... sont-ils les mieux placés pour donner des leçons de cohérence ? Soyons sérieux un instant ! Si la France stagne depuis plus de 30 ans, c'est avant tout parce que nous alternons sans cesse entre des équipes qui ne sont d'accord sur rien entre eux.  

Le pari de la politique coopérative, lancé par les centristes aux Français, met un point final à cette spirale de l'échec. Il est possible de gouverner différemment, avec des gens du centre gauche, du centre droite et de l'écologie, tous unis derrière le projet d'une économie sociale et environnementale de marché, et prêts à se retrousser les manches pour répondre aux besoins des Français (plutôt que ceux des partis).

En mai prochain, nous aurons un choix fondamental à faire : se réfugier dans les méthodes et les organisations du passé, celles-là même qui ont conduit le pays vers l'échec (le clivage 'gauche-droite' classique ; la politique concurrentielle) ; ou bien se tourner vers l'inovation, le respect mutuel et la négation des idées radicales et extrêmes (le projet centriste ; la politique coopérative)....  

Et si l'on essayait une politique différente, pour une fois ?

Benoit Petit.

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