CAP21 Nord-Pas-de-Calais, mouvement écologiste, humaniste et citoyen animé par Corinne Lepage pour un développement durable.
Pour cette première manifestation sur le territoire belge, au pont-frontière de Warneton, les opposants à l’A24 étaient moins nombreux que d’habitude. Pour autant, hors de question de voir là un quelconque signe d’essoufflement. Au contraire, ici, tous restent persuadés que le mouvement gagne en sympathisants, en témoigne le nombre de représentants outre-Quiévrain, en constante augmentation.
PAR FLORENCE PIAZZETA
region@lavoixdunord.fr PHOTO PATRICK JAMES
Ils sont venus en voiture, à pied, à vélo. Ils sont arrivés de Belgique, de Flandre, des Weppes, de l’Armentiérois. Ils sont élus, représentants d’associations ou encore simples citoyens. Point commun de ces quelque 600 personnes rassemblées sur le pont-frontière de Warneton : un rejet sans appel du projet A24, dont l’objet est de relier Amiens à la Belgique, via la région lilloise.
« Vous savez, en Belgique, on n’en parle pas beaucoup dans les médias. Et, du coup, forcément, ce n’est pas facile de mobiliser », confie un habitant de Warneton. Et, effectivement, si Wallons et Flamands s’étaient joints à la manifestation du jour, force était de constater que les Belges étaient largement minoritaires. « Le gros problème, c’est que l’entité de Comines-Warneton est au bout de la Belgique, confirme Sylvie Dupont, Cominoise membre du Groupe écolo. C’est un territoire enclavé dans les Flandres donc, pour les Wallons, ce n’était pas leur problème. » D’autant plus qu’à l’origine, vu de Belgique, le projet de l’A24 apparaissait comme un projet uniquement français. « L’A24 rejoindra, au pont du Badou, notre RN58. Or, cette voie rapide a été conçue à l’origine pour désengorger nos villes. Et aujourd’hui, on veut en faire une autoroute ! », s’étonne Philippe, Cominois. « Quand on a vu que ça s’arrêtait au pont du Badou, on s’est rendu compte qu’on allait récupérer toutes les nuisances ! Du coup, une solidarité transfrontalière s’est mise en place », continue Sylvie Dupont. Pour le plus grand bonheur des opposants français qui y voient un moyen supplémentaire de peser sur les débats. « En Belgique, il y a des élections législatives qui se dérouleront en même temps que le premier tour de la présidentielle en France, avertit d’ailleurs Dominique Plancke, président de la commission Transports au conseil régional. Il faut espérer que tout le monde va reprendre ses esprits et que le projet sera abandonné après ces élections. » Même son de cloche du côté de Jeff Tavernier, parlementaire flamand et ancien ministre de la Santé. « On n’accepte pas d’autoroute supplémentaire, ça doit être le thème de la discussion ! », assène-t-il en appelant à la « lutte internationale ».
www.lavoixdunord.fr ( Edition du 25/03/2007)