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CAP21 Nord-Pas-de-Calais, mouvement écologiste, humaniste et citoyen animé par Corinne Lepage pour un développement durable.

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Fruges, future capitale de l'éolien.

ÉNERGIE • Le chantier de la plus grande centrale de France entre dans sa phase concrète avec le montage de la première machine à Créquy
 Une fois hissé au sommet du mât, le rotor sera dans la majorité des cas à environ 80 mètres du sol. En «haut de pale» la hauteur sera de 120 mètres.

L’énergie renouvelable est un thème de campagne. Mais à Fruges, on ne se pose plus la question de savoir quelle place accorder à l’éolien. Dans quelques semaines, la première tranche d’un projet de 70 éoliennes produira ses premiers mégawatts.

PAR ANTHONY BERTELOOT
region@lavoixdunord.fr
PHOTO JEAN-PIERRE BRUNET

La première machine du projet de Fruges, le plus grand en France – et même d’Europe selon EDF – sort de terre, à Créquy, dans le canton de Fruges. La conclusion d’un feuilleton qui a démarré fin 2001, quand la communauté de communes du canton de Fruges (CCCF) a voté la poursuite d’études sur son territoire. Quelques mois plus tard, la société allemande Ostwind est choisie pour 110 à 140 machines.

 >  Un long fleuve pas tranquille. – Mais si l’enquête publique lancée en novembre 2003 aboutit à un avis favorable, une pétition recueille plus de mille signatures en mai 2004. Il faut dire qu’entre-temps une éolienne s’est effondrée sur la digue du Portel et a contraint la préfecture à reconsidérer les conditions d’implantation. D’où un projet revu fortement à la baisse en juillet 2004, avalisé par la préfecture pour 70 aérogénérateurs. Encore trop pour la nouvelle Association de défense de l’environnement frugeois (ADEF) qui attaque le projet devant le tribunal administratif (TA) de Lille en septembre. Ce dernier lui donne raison et annule 31 des 68 permis de construire au motif que «  l’expression du public a été entravée. » Un point de détail jugé procédurier par Jean-Jacques Hilmoine, président de la CCCF et principal instigateur du projet. D’ailleurs, en décembre 2005, la cour d’appel de Douai annule la décision du TA et relance le projet. Les opposants baissent pavillon. Mais le projet a été gelé près de deux ans.

 >  Les travaux. – Les premiers accès ont été créés en octobre 2006, puis les premiers massifs de béton, qui accueilleront les mâts, coulés cet hiver. À ce jour, la partie inférieure du mât de la première machine a été installée. Ironie du sort, et malgré le temps clément observé à Créquy, le chantier était suspendu hier : trop de vent ! La société allemande en charge de livrer clé en main les machines ne peut travailler avec une brise excédant 10 m/seconde. Hier matin, au sommet de la gigantesque grue, on relevait près du double. Le timing idéal voudrait que la première machine soit montée avant samedi. Mais il reste encore à terminer le mât, puis à hisser le rotor, la machinerie et les trois pales – 55 tonnes en tout – à son sommet. Dès ce week-end arrivera une nouvelle machine en quatorze convois, dont la moitié classés « exceptionnels ».

 >  Retombées. – Ostwind espère tenir le rythme d’une éolienne par semaine. À l’été 2008, seize parcs auront été construits sur huit communes. En attendant peut-être une rallonge de dix à vingt autres machines à la faveur d’une loi qui revoit les seuils des permis de construire. «  La puissance des agglomérations fait qu’elles attirent les grandes entreprises, constate Jean-Jacques Hilmoine. Nous, on n’aura jamais Toyota. Mais on n’installe pas d’éoliennes en ville. On fait du développement économique sans investir. Et avec des bénéfices ! »  •

( La Voix du Nord, Edition du 05/04/2007)

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