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CAP21 Nord-Pas-de-Calais, mouvement écologiste, humaniste et citoyen animé par Corinne Lepage pour un développement durable.

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Denaisis: une décharge et une controverse.

L’implantation possible d’un centre de stockage à Haulchin suscite une vive résistance des écologistes et des riverains
 SITA-FD compte installer son centre de stockage sur les terrains situés à droite, à l’arrière du centre de remplissage Antargaz, entre Haulchin et Douchy-les-Mines.

La résurgence, dix ans après, d’un centre de déchets ultimes près de Denain, ne passe pas inaperçue. Les écolos sont prêts à déterrer la hache de guerre tandis que l’industriel assure que son dossier, en béton, n’aura pas d’incidences sur l’environnement. Beau duel en perspective.


PAR FRANCIS THUILLIEZ region@lavoixdunord.fr  PHOTO DIDIER CRASNAULT

PAR FRANCIS THUILLIEZ   PHOTO DIDIER CRASNAULT

Au milieu des années quatre-vingt-dix, la société France Déchets lorgne sur la friche de l’ancienne raffinerie Elf-Antar, entre Haulchin et Douchy-les-Mines. Elle achète même la trentaine d’hectares nécessaires à son projet de décharge de classe 1 (déchets industriels ultimes). Grosse levée de boucliers des écolos : pétitions, manifestation monstre à Valenciennes. En 2001, la catastrophe AZF de Toulouse change la donne. Dossier classé ?

Non, car le 27 février 2006, un permis de construire est déposé en mairie d’Haulchin. La copie corrigée et réadaptée aux nouvelles normes Seveso est cette fois portée par la société SITA-FD (FD comme France Déchets), qui entend créer son sixième centre pour déchets industriels spéciaux (DIS). D’autant que sur la carte de France, il n’y en a aucun au nord de Paris. Le plus proche est le gigantesque centre de Villeparisis, en Seine-et-Marne.

Trois collines de 14 à 27 mètres

En plus de la classe 1 d’une capacité de 30 000 tonnes, la filiale de Suez entend créer deux autres types de décharge : une classe 2 de 80 000 t (terres polluées, amiante, ciment, etc.) et une 3 de 50 000 m³ (déchets inertes). Quatorze hectares seraient réservés au stockage et dix-sept autres aux installations techniques, avec une plate-forme de transit, un Biocentre (traitement biologique des terres polluées) et une unité mobile de stabilisation des déchets.

Ludovic Leplat, directeur du développement chez Geodeve-Suez et conducteur du projet, met en avant le savoir-faire irréprochable du groupe SITA. Cet ingénieur en environnement trentenaire avance la situation exceptionnelle du site (à deux pas de l’autoroute A2, d’une ligne de chemin de fer et du canal), loin des habitations, avec un contexte géologique favorable.

Chez les opposants « historiques » au projet d’Haulchin (Denain écologie, Hainaut écologie, Nord nature, Amis de la nature, CLCV), auxquels se sont ralliées bon nombre de municipalités du périmètre, c’est un tout autre son de cloche. « Ce n’est pas parce que le Denaisis traîne un héritage industriel pesant et qu’il bat tous les records pour certaines maladies, qu’on doit en faire la grande poubelle de la France », enrage Pascal Chevalier, le chef incontesté de la fronde. Les opposants ont d’autres ambitions pour cette friche connue pour ses chevreuils et ses lapins de garenne. En faire une « zone naturelle protégée », par exemple. Car ils n’ont pas envie de voir leur horizon bouché par trois collines de déchets de 14, 22 et 27 mètres de haut. « SITA-FD laissera sur ces terres, après son départ et à jamais, plus de 1 500 000 tonnes de déchets en quatorze ans d’exploitation. Avec un chiffre d’affaires d’un peu moins de 7 ME par an pour douze emplois créés pendant quelques années. Rentable, non ? », dénonce l’un des nombreux tracts distribués lors des trois réunions publiques organisées par les antidécharge.

Selon Pascal Chevalier, le dossier SITA-FD est nickel sur onze des douze critères du PRÉDIS, le Plan régional d’élimination des déchets spéciaux. «  C’est sur le douzième que nous allons attaquer, prévient-il. Il n’y a aucune barrière passive dans le sous-sol et l’industriel va devoir ramener une couche de cinq mètres d’argile, de Belgique, soit 70 000 m³. » Pour lui et ses amis, il y a une autre solution pour les déchets ultimes : la torche à plasma, qui vitrifie les produits et modifie même la structure moléculaire. Mais le coût de ce procédé n’a aucune commune mesure avec le stockage. « C’est clair que, dans le dossier d’Haulchin, la notion de profit n’est pas absente non plus », conclut celui que l’on surnomme déjà le… chevalier blanc du Denaisis.  •

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