L'appel solennel du Président de la République devant la conférence internationale de la biodiversité à Paris ne prend que plus de relief quand on constate le peu d'enclin dont à fait preuve l'Etat français pour mettre en oeuvre la directive Natura 2000 de protection des milieux naturels.
C'est avec beaucoup d'attention teintée de circonspection que CAP 21 et Corinne Lepage accueillent les engagements du Président pour compléter la liste Natura 2000, faire aboutir les parcs nationaux en Guyane et à la Réunion ou protéger les récifs coralliens du Pacifique.
La responsabilité de la France qui est présente sur deux continents et dans trois océans est énorme tant sur ses propres territoires que dans le cadre de son action européenne et internationale. Malgré Rio ou Johannesbourg, les évolutions restent très lentes et les tendances globalement défavorables : la France est ainsi classée parmi les dix pays au monde qui comptent le plus d'espèces menacées.
Qui plus est la France accumule un retard important en matière de conformité à la législation européenne sur l'environnement. Bien que sanctionnée à plusieurs reprises par plusieurs arrêts de la Cour européenne de justice, la France fait évoluer sa législation très lentement, à l'image de la désignation des sites pour protéger les oiseaux sauvages qui accuse un retard supérieur à 20 ans.
Le discours de la commission est sans ambiguïté, estimant que '…la France nuit aux efforts déployés pour préserver la faune et la flore d'Europe et sape les actions en faveur d'une meilleure gestion des risques pour l'environnement et la santé humaine.C'est ainsi que la Commission Européenne a décidé d'engager des poursuites sur 6 dossiers dont Natura 2000.
Alors que l'Europe demandait aux Etats de proposer, en juin 1995 au plus tard, une série de sites destinés à protéger les espèces de plantes et d'animaux, ainsi que les habitats naturels les plus menacés, la proposition française n'est toujours pas finalisée.
Un rapport scientifique remis aux autorités françaises répertorie 285 sites importants, couvrant à peu près 8 % du territoire français. Or, seul 60 % de ces sites ont été désignés et le territoire total couvert ne représente que 2,6 %, ce qui correspond au taux le plus faible parmi les anciens Etats membres.
Que dire encore de l'abattage légalisé de loups en France, de l'orpaillage clandestin en Guyane aux conséquences écologiques et sanitaires dramatiques ou de la régression des zones humides.
CAP 21 soutiendra la mise en oeuvre d'un plan national de restauration de la biodiversité où les actes prendront enfin le pas sur les discours.