S’il est une politique qui devrait être exercée au niveau Européen, c’est bien la Politique Etrangère et de Défense.
Les divisions survenues sur le problème Irakien, dues simplement à la volonté de pays réputés moins influents, de montrer aux « Grands d’Europe », que sont l’Allemagne et la France, qu’il fallait compter avec eux sur l’échiquier Européen, ne devraient pas avoir de répercussions, outre mesure, sur le fonctionnement à venir de l’Union.
Le rassemblement constaté après les attentats de Madrid et de Londres semble, d’ailleurs, faire pencher vers cette option.
Néanmoins, il ne s’agirait pas de recréer un axe franco- anglo- allemand, ou même simplement franco – allemand : tous les partenaires doivent être associés à la mise en place d’une politique étrangère européenne, sous peine de la condamner d’office.
C’est la faculté qu’auront, les anciens membres de l’Union, d’intégrer les nouveaux, qui fera réussir ou pas l’instauration de cette politique étrangère et de défense commune : des pays comme la Pologne souhaitent développer une économie de marché compétitive, afin de rattraper le retard accumulé pendant la guerre froide.
Pour eux, le modèle reste les Etats – Unis : c’est de la capacité donnée à ces pays de se développer harmonieusement, en Europe, sans les Etats-Unis, tout en leur donnant la parole, à leur juste mesure, mais pas moins, sur toutes les questions de Politique Etrangère et de Défense, qui permettra leur intégration, et leur éloignement progressif de l’OTAN et des USA.
Finalement, les « anciens » doivent faire preuves d’humilité, et non de supériorité, pour permettre aux nouveaux de s’intégrer, et de donner toutes ses chances à la création d’une Politique Etrangère et de Défense Européenne.
Sur un plan pratique, les prises de décision doivent, évidemment, intervenir dans un esprit de coopération et d’échange, avec des modalités à préciser, mais qui ne pourraient être un vote unanime : une majorité qualifiée des ministres des affaires étrangères des 25, réunis autour du ministre européen des affaires étrangères, pourrait être envisagée.
Ill pourrait être possible, par ailleurs, que l’Europe ne soit représentée que par une voix à l‘ONU, que des ambassadeurs d’Europe soit installés dans le monde, tout en laissant l’opportunité aux nations d’avoir des représentations autonomes, dès lors que le pays pour lequel ce souhait est émis, bénéficie de relations historiques avec l’état de l’Union ( Afrique du Nord et Afrique Noire, pour la France ).
Enfin, pour les questions de Défense, pures, des actions allant dans le sens de la création de corps européens de défense, comme entre l’Allemagne et la France, devraient pouvoir être facilitées.