CAP21 Nord-Pas-de-Calais, mouvement écologiste, humaniste et citoyen animé par Corinne Lepage pour un développement durable.
COMMUNIQUE DE PRESSE
Pour CAP 21, parti écologiste présidé par Corinne Lepage, les flambées de violence auxquelles nos villes se trouvent confrontées depuis une dizaine de jours s'inscrivent dans un mouvement inexorable qui a conduit en trente ans d'un urbanisme absurde au ghetto, de politique de regroupement familial mal préparée à la désespérance de jeunes français issus de l'immigration devant un avenir bouché, de l'acceptation parfois de zones de non-droit, fermées à la République et ouvertes aux mafias comme aux règles de la charia aux émeutes que nous voyons aujourd'hui.
Cette montée en puissance de la violence est extraordinairement dangereuse, car une démocratie ne peut la tolérer et le rétablissement de l'ordre public est un préalable à toute discussion. En particulier, la destruction des services publics, des écoles, des centres commerciaux, des magasins
frappe avant tout une population déjà fragilisée et défavorisée. L'absence de tout sens à ces incendies volontaires, qui s'assimilent à de la violence pour la violence, dans un engrenage destructeur et compétitif entre bandes, est une nouveauté dans notre pays. Donner l'impression de céder de quelque manière que ce soit à cette guerre de rue ne pourrait que conforter une
spirale de violence, renforcer les extrêmes et donner en particulier à Le Pen une puissance difficilement mesurable.
Mais pour autant, nous avons le devoir de faire notre autocritique en constatant l'échec assourdissant des politiques successives de la ville qui ont contourné les réalités: certes, le plan Borloo, que CAP 21 approuve, a le mérite de s'attaquer aux conditions d'habitat par un plan ambitieux de rénovation urbaine mais il est loin de se suffire à lui-même : le démembrement progressif du monde associatif avec les baisses successives de crédits , courroie de transmission indispensable, l'inéluctabilité du chômage confronté à l'argent facile des drogues et trafics divers, la disparition de la police de proximité, l'absence de coordination entre les services publics (justice, police, éducation, services sociaux et de protection de l'enfance, collectivités, service de l'emploi) ont accentué l'amputation sociale qui frappe les habitants de ces quartiers et laissé sans réponse les carences éducatives familiales.
La montée des périls et surtout la concomitance avec laquelle ils apparaissent appellent de notre part un vrai sens des responsabilités, une réponse globale et transversale et des moyens pour la mettre en oeuvre. Cette réalité ne doit échapper à personne pour cause de vindicte et d'ambition personnelle faute de quoi le pire serait alors à redouter.