Devant l’urgence, la Banque mondiale appelle à un « New Deal » pour la politique alimentaire mondiale. Le monde en développement, y compris l’Afrique, vit un paradoxe. Son économie connaît une expansion exceptionnelle, tirée par la flambée des matières premières. En même temps, sa population est frappée par l’augmentation des cours des céréales, qui peut représenter les trois quarts du budget de son alimentation, contre seulement 15 % dans les pays développés. Avec la croissance économique, des centaines de millions de Chinois et d’Indiens modifient leurs habitudes de consommation, en ayant notamment accès à la viande. Or, il faut de trois à dix kilos de céréales pour produire un kilo de viande, ce qui pèse sur la demande. S’ajoutent l’impact du renchérissement du coût des transports, lié à la flambée des prix du pétrole, les aléas du changement climatique, l’accroissement de la population urbaine et la réduction des surfaces arables. Tous ces facteurs contribuent à tendre les prix agricoles, d’une façon qui paraît devoir être pérenne.