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Corinne Lepage présente sa campagne présidentielle et ses propositions sur le site www.corinnelepage.fr et a créé aussi le site "à vos droits citoyens" avec 10 propositions mises en débat pour renouveler notre constitution et donc le fonctionnement de notre démocratie www.avosdroitscitoyens.fr

Le site sur les gaz non conventionnels et les risques liés à leur exploitation créé par CAP21 : http://deleaudanslegaz.com

12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 13:32
Le-Temps.gifPar Propos recueillis par Sébastien Dubas

Le chroniqueur économique Paul Jorion évoque l’évolution de la crise de la dette en zone euro alors que la Grèce et l’Espagne sont toujours au centre des préoccupations

P.Jorion.jpgPaul Jorion était de passage, voici une semaine, au «Club 44» de La Chaux-de-Fonds pour une conférence sur l’avenir d’un système capitaliste qu’il décrit comme étant «à l’agonie». L’occasion d’évoquer avec lui l’évolution de la crise en zone euro alors que François Hollande entrera en fonction ce mardi et que la Grèce et l’Espagne demeurent au centre de toutes les inquiétudes.

Le Temps: La fin programmée du «merkozysme», autrement dit de l’austérité comme seule issue à la crise de la dette, est-elle une bonne nouvelle pour la zone euro?

Paul Jorion: Depuis qu’on a commencé à parler des problèmes de la Grèce, fin 2009, les décisions politiques ont toujours été prises avec au moins six mois de retard. Si bien que le budget qui aurait pu lui permettre de sortir de la crise est passé de 13 milliards, une somme évoquée en janvier 2010, à 105 milliards d’euros lorsque des mesures ont enfin été prises en mars 2012. C’est presque dix fois plus que prévu. Ces atermoiements ont toujours été motivés par des calendriers électoraux. Il a fallu attendre les élections dans les Länder en Allemagne, les législatives en Espagne, les présidentielles en France ou les réunions du G8 et du G20. Et ce sera probablement encore le cas avec les législatives françaises. La maladie de l’Europe a été de ne jamais prendre des mesures à la hauteur de la gravité de la situation.

– Cela ne va-t-il pas changer avec le retour de la croissance au centre du débat?

– Malheureusement nous sommes dans une impasse. Comme l’a déjà dit Christine Lagarde en juillet 2010, il faudrait faire de la ri-lance. C’est-à-dire de la rigueur et de la relance économique en même temps. Or, diminuer la dette des Etats ne veut pas forcément dire qu’il faut réduire les dépenses publiques. On peut très bien faire de la rigueur en augmentant les recettes fiscales. On pourrait ainsi modifier le système fiscal pour que les entreprises paient enfin des impôts. Car en règle générale, les grandes entreprises s’arrangent pour ne pas en payer. Au lieu de cela, on a pris l’habitude de comparer les dépenses au produit intérieur brut (PIB) d’un pays et non pas à ses rentrées d’argent. Ce calcul, qui fait partie du pacte de stabilité financière européen et de la règle d’or, nous conduit droit à la catastrophe.

– Mais à un moment donné, ne faut-il pas mettre des règles en place?

– Bien sûr qu’il faut des règles. Mais des règles qui ont un sens, pas comme la règle d’or qui comporte une erreur fondamentale en comparant les dépenses d’un pays à son PIB. Comme l’ont souligné justement Jacques Attali et Pascal Lamy cette semaine, la dette s’auto-entretient dès que le taux d’intérêt associé à la dette souveraine dépasse le taux de croissance. Il faut donc une règle qui interdise aux Etats de dépenser plus que leurs recettes. Et non pas jusqu’à 3% de leur PIB. Imaginez si les marchés demandent un taux d’intérêt de 7% ou plus à un Etat, comme pour la Grèce, alors on exigera de ce pays un taux de croissance supérieur ou égal à 7%? C’est totalement autodestructeur. Plus la situation financière d’un pays se détériore, et plus son taux de croissance devrait être élevé!

– Quelle est la solution?

– Le vrai problème, c’est que les gens n’ont pas assez d’argent. Il faut donc augmenter les salaires. Certains diront qu’on risque de créer de l’inflation. Mais on ne crée de l’inflation que si on ne baisse pas simultanément la part qui va aux investisseurs et aux dirigeants d’entreprise. On trouve curieux qu’un patron gagne 300 fois plus que la personne la moins bien payée dans son entreprise. Mais au début du XXe siècle, cette relation était de dix ou quinze fois. Cette disproportion n’est pas une simple curiosité, c’est un problème économique fondamental.

– Que va-t-il se passer si l’on ne change pas de cap?

– Ce sera la destruction totale. Vous savez, les civilisations disparaissent. Je pensais que le servage était apparu en Europe dans la continuité de l’esclavage. Mais en réalité, ce sont des hommes libres qui sont devenus des serfs à la fin de l’Empire romain. Le manque de revenus a été remplacé par du crédit et, petit à petit, ces individus se sont retrouvés dans une situation où ils ne pouvaient plus rembourser leurs dettes. Ils sont devenus des serfs. Et aujourd’hui, on est en train de créer un nouveau système de servage.

– Que vous inspire la nationalisation partielle de Bankia, quatrième banque espagnole, cette semaine?

– On continue de mettre entre parenthèses les erreurs catastrophiques de la spéculation immobilière. Quand une bulle immobilière éclate, que ce soit en Irlande, en Espagne ou aux Etats-Unis, on ne peut pas continuer à dire que cet argent n’a pas été perdu. A un moment donné, il faut passer par la case pertes et profits. Malheureusement, quand on fait le bilan, on s’aperçoit qu’il a fallu 1000 milliards d’euros pour renflouer les banques européennes. C’est-à-dire 3000 euros par habitant de la zone euro. Cette somme montre bien que le système actuel ne peut plus être sauvé. D’autant que dans trois ans, quand il faudra rembourser cette somme à la Banque centrale européenne, chacun sait déjà que ce ne sera pas possible. Dans l’état de délabrement généralisé actuel, comment voulez-vous que l’on reconstitue de la richesse en quantité suffisante? Alors on essaie de gagner du temps, on dit que les choses vont s’arranger. Mais en vérité, si on laisse pourrir la situation, le système va finir par disparaître. A moins d’un jubilée, qui annulait les dettes tous les 50 ans, comme dans l’Antiquité.

– Faut-il donc restructurer la dette?

– Il faut arrêter de considérer que seuls des pays comme l’Indonésie ou la Russie peuvent restructurer leurs dettes. Quand on fait les mêmes erreurs que les autres, on n’y échappe pas. Et il ne faut pas oublier qu’entre le XIXe et le XXe, il y a eu, je crois, près de 700 faillites d’Etats.

– Rien n’empêche les banques centrales de poursuivre leurs programmes d’assouplissement monétaires…

– Oui, mais cela équivaudrait à la destruction du système. Lorsque l’on parle d’hyperinflation au Zimbabwe, on dit que c’est normal, qu’il s’agit après tout de l’Afrique! Mais on oublie que nous sommes nous aussi en train de mettre en place une machine à créer de l’hyperinflation, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe. On ne peut pas créer de la monnaie sans la création d’une richesse équivalente. Ricardo l’avait compris dès 1810: en créant en permanence de la monnaie, un système monétaire ne peut que s’effondrer à terme.

– Qu’en est-il des tentatives de réguler le système financier?

– La seule mesure qui ait été prise jusqu’ici, c’est d’avoir imposé aux banques «systémiques», ou trop grandes pour faire faillite, des provisions supplémentaires de 2,5% sur leurs fonds propres. Cette solution n’est absolument pas à la hauteur du problème auquel nous faisons face. Ce qu’il aurait fallu faire, c’est retirer ces banques du système, les démanteler pour en faire des unités suffisamment petites pour qu’elles ne soient plus susceptibles de faire tomber tout le système avec elles en cas de défaut. En 2008, tout le monde était d’accord pour dire qu’il s’agissait de la seule solution possible. Quatre ans plus tard, il n’en est même plus question.

– Vous évoquez souvent un discours de Nicolas Sarkozy en 2008 à Toulon comme une opportunité manquée. Une explication?

– A chaque crise du capitalisme, une réflexion émerge. Au XIXe siècle, ce fut le cas des socialistes, des communistes, des associationnistes, des anarchistes ou des collectivistes. En 2008, alors que l’on commence à percevoir la gravité de la crise, Nicolas Sarkozy prononce un discours qui s’inscrit dans la plus pure tradition socialiste. Il dit que l’économie n’est pas la loi de la jungle, qu’il faut réglementer les banques pour réguler le système, qu’il faut opposer l’effort des travailleurs à l’argent facile de la spéculation. Même s’il n’a jamais rien fait contre la puissance des marchés durant sa présidence, le fait est qu’il existe un texte sur lequel on peut se baser pour réformer le capitalisme.


Article initialement publié dans le quotidien suisse Le Temps le 12 mai 2012.

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 21:56

Surprise en effet, cette prise de distance très nette, d'un grand patron, X, Corps des Mines de surcroît, par rapport à ce qu'il considère mortifère pour la France, le choix d'un modèle de capitalisme libéral-financier d'inspiration directe anglo-saxonne. Il dénonce ce modèle que la gauche au pouvoir a installé, d'après lui, sans le vouloir vraiment. Il dénonce la primauté de l'actionnaire qui dépossède, a contrario, du modèle commercial-industriel, petit à petit la France de son pouvoir d'action sur une industrie, qui n'est orienté que vers la création de valeur et se révèle destructeur vis à vis du devenir de la recherche et développement à moyen/long terme, de l'innovation pour les produits et services et destructeur aussi sur le plan social. Ce choix est la cause principale, beaucoup plus que le différentiel de coût de main d'oeuvre de la désindustrialisation de la France par rapport à Allemagne ou à d'autres pays européens.

Quelque soit le gagnant de l'élection présidentielle, le futur locataire de l'Elysée devra avec ses ministres et experts analyser en profondeur la situation industrielle française dans ses forces et faiblesses, mesurer les opportunités et menaces et identifier les erreurs politiques passées à ne pas refaire. Cet industriel a toujours su,  alors qu'il était aux commandes d'un grand groupe, garder en parallèle une attitude de veille, de recherche, de discernement et de réflexion prospective ; il mérite d'être écouté. M.E.

Xerfi Canal a reçu Jean-Louis Beffa , président d'honneur de Saint-Gobain , qui a présenté son dernier ouvrage : "La France doit choisir" (éd. Seuil).


 


La-France-doit-choisir.jpgQuel avenir pour la France dans la mondialisation ? Comment s'y prennent les autres Etats pour avancer dans la tourmente ? A la veille d'échéances électorales majeures, ces questions se posent avec d'autant plus d'acuité pour notre pays que le chômage et la désindustrialisation y prospèrent sur fond de dette et de déficit de notre balance commerciale. Aujourd'hui, il est temps de choisir. Mais encore faut-il faire le bon choix. Les grands Etats modernes peuvent aujourd'hui adopter un des quatre principaux modèles : le modèle libéral-financier (Etats-Unis, Royaume-Uni), le modèle commercial-industriel (Chine, Allemagne, Japon), le modèle autocentré (Inde, Brésil), le modèle rentier (Russie). Quel est celui qui réconciliera la France avec la croissance et la prospérité ? Le pays semble hésiter. Il lui faut au contraire tourner résolument le dos au modèle libéral-financier qu'on a voulu lui imposer et qui fait désormais eau de toutes parts. Notre pays doit de toute urgence adopter le modèle commercial-industriel pour revenir dans la compétition mondiale. [...]
Jean-Louis Beffa est président d'honneur et Administrateur de la Compagnie de Saint-Gobain, Senior Advisor de Lazard et Chairman Lazard Asia Investment Banking, administrateur de GDF Suez, du Groupe Bruxelles Lambert et du Monde S.A. et membre du Conseil de surveillance de Siemens AG. Il est co-Président du Centre Cournot pour la Recherche en Économie, Président de l'AROP (Association pour le Rayonnement de l'Opéra national de Paris).

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 08:28

Renault invente le monospace low-cost, produit au Maroc

L-Usine-Nouvelle.png

TANGER (Maroc) (Reuters) - Renault, l'un des inventeurs du monospace avec l'Espace dans les années 1980, entend à nouveau créer l'événement sur ce segment familial, mais en lançant cette fois un modèle positionné à l'autre extrémité de la gamme, produit hors de France, à Tanger au Maroc.

En plein débat sur l'avenir du "made in France", l'ouverture d'une grande usine à 14 kilomètres des côtes européennes, desservie par le port géant de Tanger Med et où les coûts salariaux seront plus de quatre fois inférieurs au salaire minimum français, ne manquera pas d'alimenter la polémique suscité par les "délocalisations".

Le PDG du groupe au losange, Carlos Ghosn, et le roi du Maroc Mohammed VI inaugurent ce jeudi une usine flambant neuf à Tanger, d'où sortira le Lodgy, dernier né de Dacia, la marque low-cost du groupe. Le véhicule, déclinable en cinq ou sept places, est destiné au bassin méditerranéen mais sera également commercialisé en Europe à partir de 10.000-12.000 euros, selon des estimations, soit deux fois moins que le Renault Scenic ou le Volkswagen Touran. Lire la suite

Le problème de Renault, ce n'est pas la Logan…

L'Usine NouvelleAnalyse : Alors que Renault inaugure aujourd'hui une nouvelle usine à Tanger au Maroc pour y produire des véhicules low-cost, Dacia (la marque qui porte ses ambitions dans ce domaine) est de plus en plus critiquée. Elle ferait de la concurrence déloyale aux usines et concessions du Losange. C'est oublié que le problème de Renault, ce n'est pas la Logan, c'est son positionnement.

La légende dit que c'est en Russie que la Logan a vu le jour. Louis Schweitzer, alors PDG de Renault, s'étonna de voir que la voiture la plus vendue dans l’ancienne union soviétique était encore une Lada, certes sans attrait, mais robuste et surtout peu onéreuse. De retour en France, il décida de lui créer une concurrente et demanda à ses équipes de plancher sur une voiture à 5000 euros. Sa cible : les populations des pays émergents qui, à l'époque, ne constituaient pas un marché digne de ce nom chez les constructeurs.

Treize ans après cette géniale intuition, le succès est au rendez-vous. Mais la polémique aussi. Depuis son lancement officiel en 2004, la Logan et la marque Dacia ont bien grandi. Elle approche des 2 millions de véhicules vendus. Elle fait un tabac dans les pays émergents, les pays émergés et les pays industrialisés. Elle s’est forgée une vraie gamme avec six modèles en plus de la berline : monospace Lodgy, un 4x4 Duster, une Sandero... Quant à la marge qu'elle génère, elle est maximale. Grâce aux options que le client ne manque pas d'ajouter pour rendre cette voiture low-cost moins spartiate, elle dépasse souvent les fameux 6 % que Carlos Ghosn avait fixés comme objectif. Lire la suite

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 17:34

 

Diapositive-CP-Deplacement-CL-du-22-11-2011.jpgCorinne LEPAGE, député européenne, présidente de CAP21 et candidate à l'élection présidentielle de 2012, participera à deux tables rondes dans la région le mardi 22 novembre après-midi sur le thème :
L'écologie au service du développement des territoires et des entreprises.


La première table ronde sera organisée de 14h30 à 16h30 chez AUDDICÉ à ROOST WARENDIN (59) à travers des exemples de politiques publiques (SCOT et Plan Climat) ou d'entreprises (BALL PACKAGING EUROPE).
La seconde aura lieu de 18h00 à 19h30 dans les locaux d'EURATECHNOLOGIES sur le thème des freins au développement des énergies renouvelables en France, en partenariat avec la société "Planète OUI".
Vous trouverez ici le communiqué de presse relatif à cet événement
Espérant vous retrouver nombreuses et nombreux.
Salutations écologistes
F.Xavier CATTEAU - Délégué Régional

 

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 08:00

ALTERNATIVES ECONOMIQUES - BLOG DE CHRISTIAN CHAVAGNEUX 17-02-2011

Alors que les grandes entreprises et les banques renouent avec les profits semblant laisser la crise derrière elles, Dominic Barton, le patron du cabinet de conseil McKinsey, appelle les grands leaders du privé à ne pas surtout pas revenir au business as usual. Il réclame la mise en œuvre d’un capitalisme privilégiant les performances de long terme, des entreprises responsables socialement et un changement radical de leur mode de direction.

La première surprise de cet article paru dans le dernier numéro de la Harvard Business Review provient du diagnostic de départ. Les dirigeants d’entreprise qui pensent que le débat idéologique lié à la crise - qui a eu tendance à redonner du poids à l’Etat et à la régulation - est terminé, se trompent complètement, affirme Barton. Le poids de la crise va encore se faire sentir politiquement pendant longtemps. Et il prendra la forme de tensions constantes s’appuyant sur les effets jugés négatifs de la mondialisation, sur l’existence de fortes inégalités, et sur un chômage persistant. De ce fait, la pression sur les gouvernements pour contrôler toujours plus les entreprises est là pour longtemps et les entreprises n’ont pas le choix : « nous pouvons réformer le capitalisme ou nous pouvons laisser le capitalisme être réformé pour nous ». L’objectif de Barton est clair : prendre les devants avant que les politiques n’encadrent trop le capitalisme, voire le remettent carrément en cause. Et pour cela, il avance trois propositions.(...) Lire la suite

Téléchargez l'article de la Harvard Business Review (anglais)

Chr.Chavagneux.jpgNdlR Christian Chavagneux est rédacteur en chef adjoint d’Alternatives Economiques et rédacteur en chef de la revue L’Economie politique. Auparavant, il a travaillé comme chargé de mission à l’ex-Commissariat général du Plan, comme économiste à la Société Générale et comme chargé d’études à l’Agence française de développement. Il a enseigné plusieurs années à Sciences Po et à l’université Paris IX Dauphine.

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 08:31

En prélude à notre conférence-débat du 7 janvier 2011 avec le professeur Jean GADREY (Voir agenda ci-contre), voici un entretien avec l'économiste Tim Jackson dont l'ouvrage "Prosperity without Growth. Economics for a Finit Planet" publié en 2009 et publié en français* en 2010 a renconté beaucoup d'écoute et de succès. M.E.

 

LE MONDE 04-01-2011

L'économiste britannique Tim Jackson critique la culture de la consommation et l'obsession de la productivité.

ENTRETIEN PAR HERVE KEMPF

Prospérité sans croissanceProfesseur et chercheur à l'université du Surrey (Grande-Bretagne), Tim Jackson est un économiste atypique. En 2000, il devient le titulaire de la première chaire de développement durable créée au Royaume-Uni, à l'université de Surrey. Il y fonde aussi une unité de recherche croisant l'économie, la psychologie et la sociologie. En 2004, nommé à la commission du développement durable créée par le gouvernement de Tony Blair, le chercheur dirige le travail du groupe " Redefining Prosperity " qui le conduit à écrire Prospérité sans croissance, livre publié en 2007 au Royaume-Uni, et deux ans plus tard en France (De Boeck). C'est l'un des ouvrages d'économie environnementale les plus marquants de ces dernières années. Alors que 2011 débute, M. Jackson livre son pronostic sur la croissance et sur les moyens de faire évoluer le modèle économique actuel, qu'il critique largement.(...) Lire la suite

* Tim Jackson, Prospérité sans croissance. La transition vers une économie durable, De Boeck, Etopia, 2010. ISBN 978-2-8041-3275-0.

N.B. On peut aussi visualiser le "webdocumentaire" publié par Le quotidien Le Soir en Belgique francophone. Il a bénéficié d'une bourse de 4.000 euros du Fonds pour le journalisme. Le BNB a été mis au point au Bhoutan, petit pays enclavé d'Asie, pour remplacer le PIB. Ce webdocumentaire soulève une question : pourquoi s'obstiner à poursuivre la croissance du PIB, alors qu'elle n'amène pas le bonheur ?  http://blog.lesoir.be/bonheurbrut/le-webdocumentaire  M.E.

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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 07:00

FRANCE INTER Emission "Service public" diffusé Mercredi 15 décembre 2010

invités

France-Inter.gifPhilippe Moati, directeur de recherche au CREDOC (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), Professeur d'économie à l'Université Paris-Diderot


Jean Gadrey, Professeur d'économie à l'Université Lille 1,  auteur de "Adieu à la croissance",  éditions Les petits matins / Alternatives Economiques


Michel Lejoyeux,  psychiatre spécialisé dans les questions d’addiction à la consommation hôpital Bichat


Claire Chartier, rédactrice en chef - Service société à L'Express pour le dossier consacré aux "décroissants de Noël"

(Ré)écoutez l'émission ici

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 10:20

L'EXPANSION 29-09-2010

Philippe Vasseur, Président du Réseau Alliances et du World Forum Lille, lance ce mercredi le manifeste mondial de l'entreprise responsable. Interview.

Ph.VASSEUR.JPGVous lancez aujourd'hui le manifeste de l'Entreprise Responsable : En quoi consiste-t-il ?

En lançant le « Manifeste mondial de l'entreprise responsable », le World Forum Lille franchit une nouvelle étape et demande aux entreprises signataires d'appliquer et de partager des solutions efficaces et durables en matière de responsabilités sociale et environnementale. Lorsqu'une entreprise signe le manifeste, elle s'engage de son propre chef à partager ses bonnes pratiques pour les propager. Pour le rendre plus concret, le manifeste sera accompagné d'une « boite à outils » qui recensera plusieurs centaines d'exemples de bonnes pratiques que chaque entreprise pourra appliquer à son échelle, en fonction de sa taille, de son  activité et de la législation existante dans le pays.

Vous parlez d'entreprise responsable. Mais responsable de qui ? de quoi?

Une entreprise responsable est une entreprise engagée, volontairement, dans une démarche de progrès. Progrès combinant respect de l'homme, de l'environnement et performance économique. Pour être responsable, il faut associer toutes les forces vives de son entreprise - management, actionnaires, salariés, clients et fournisseurs - afin de mettre en place des Bonnes Pratiques, qui permettent de concilier bénéfices économiques et responsabilités sociales et environnementales (RSE).

Nous sommes à l'aube d'un nouveau modèle économique, non plus court- termiste mais qui assure des performances sur le long terme ?

Oui, une économie différente est possible, elle est déjà en marche ! Les dérives court-termistes et spéculatives attisant les crises ne sont pas une fatalité ; il y a d'autres façons d'entreprendre et de réussir. Le World Forum Lille l'affirme et le prouve depuis 4 ans, en présentant des centaines de bonnes pratiques initiées par des entreprises du monde entier qui démontrent que les performances économiques peuvent être durablement améliorées en respectant plus et mieux les personnes et l'environnement. Rappelons que la performance doit s'apprécier en fonction des profits financiers court terme mais aussi intégrer la création de valeur immatérielle long terme comme le capital humain, la valeur de la marque...

N'avez vous pas peur que la responsabilité devienne un nouvel outil de communication pour les entreprises?

L'impact « image » de l'entreprise fait partie de la création de valeur long terme. Il est donc normal que la responsabilité fasse partie des éléments de communication de l'entreprise. D'ailleurs la communication autour du développement durable et de la responsabilité sociale est institutionnalisée au travers des rapports développement durable, obligatoires depuis 2001 pour les entreprises du CAC 40. Obligation prochainement étendue à toutes les entreprises de plus de 500 salariés, et assortie d'une certification.

Pour en savoir plus sur le World Forum Lille : http://www.worldforum-lille.org et sur l'édition 2010 de cet évènement : Note de cadrage World Forum Lille - août 2010

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 06:20

ALTERNATIVES ECONOMIQUES 24-09-2010

Collaborateur d'Alternatives économiques, l'économiste Jean Gadrey publie un essai intitulé Adieu à la croissance. Nous vous en proposons les bonnes feuilles issues de l'introduction du livre, qui présentent sa démarche.

Contestation de la croissance et voies de sortie

Adieu-a-la-croissance.jpgDepuis des décennies, et encore aujourd'hui, la croissance économique nous est présentée comme la solution de tous les grands problèmes du monde et de chacun. Le chômage ? On ne pourrait le réduire qu'avec plus de croissance. Les retraites d'ici à 2050 ? Tout s'arrangerait avec une croissance à perte de vue. La dette publique ? Même argument. La pauvreté, les inégalités excessives et la faim dans le monde ? On ne pourrait les combattre qu'avec la croissance. Et pour surmonter la crise écologique, un remède s'imposerait : la « croissance verte ». La croissance est devenue croyance, culte, baume miracle pour tout panser sans avoir à penser.

Ce livre défend une thèse opposée : la croissance est un concept attaché à un monde en voie de dépérissement, et sa poursuite obsessionnelle nous prépare des lendemains qui déchantent. Mais des voies alternatives crédibles sont à portée de la main. Le culte de la croissance est fondé sur l'oubli des principaux enjeux sociétaux : toujours plus de quoi, pour qui, et avec quelles conséquences ? Il nous interdit d'envisager d'autres hypothèses : la croissance ne serait-elle pas devenue un facteur de crise, un obstacle au progrès, une menace ? Peut-on imaginer un monde bien meilleur parce que débarrassé de ce culte, une « prospérité sans croissance », en tout cas dans les pays « riches », au sens usuel de la richesse économique ? Peut-on aller vers un plein-emploi de qualité et garantir une bonne protection sociale sans croissance ? Nous répondrons positivement à toutes ces questions, en évoquant aussi le cas des pays pauvres. Lire la suite

J.Gadrey2.jpgJean Gadrey, 65 ans, est Professeur émérite d'économie à l'Université Lille 1. Ses domaines de recherche sont la « Socio-économie des services » et les « Nouveaux indicateurs de richesse », titres de deux livres récents publiés à La Découverte, coll. Repères. S'y ajoute le thème des inégalités, objet d'un essai "En finir avec les inégalités" (Mango, 2006). Il est membre du CNIS (Conseil National de l'Information Statistique). Il publie régulièrement des articles ou tribunes dans Alternatives économiques, Les Cahiers français, Politis, et Le Monde. Il a fait partie de la Commission pour la mesure des performances économiques et du progrès social animé par Joseph Stiglitz, Amartya Sen et Jean-Paul Fitoussi. M.E.

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 16:46

ISO 26000 : le texte de la première norme internationale sur la responsabilité sociétale vient d’être approuvé

Après 5 ans de négociations et une mobilisation internationale sans précédent - plus de 500 experts de 99 pays ou de grandes organisations telles que l’OIT, l’OCDE…- les membres de l’ISO, dont AFNOR est le représentant français, viennent d’approuver à une très large majorité le texte de la norme ISO 26000. Ce résultat confirme que le texte actuel va pouvoir être publié en tant que norme internationale, le 1er novembre 2010.
Face à une aspiration de plus en plus pressente des organisations de tout pays de voir partager une approche de « responsabilité sociétale », l’ISO 26000 constitue un formidable outil donnant un cadre à tous. Ce document définit et clarifie le concept pour le rendre applicable à tout type d’organisation.
Pour définir le périmètre de responsabilité sociétale, la norme ISO 26000 invite les organisations à articuler leurs démarches autour de 7 questions centrales : la gouvernance, les droits de l’Homme, les relations et conditions de travail, l’environnement, la loyauté des pratiques, les questions relatives aux consommateurs et la contribution au développement local. ISO26000-schema2.jpg
Demain, toute organisation de tout pays, quels que soient son activité et ses effectifs, disposera d’un texte de référence, reconnu au niveau international dont l’objectif est de les guider dans la mise en place des bonnes pratiques en matière de responsabilité sociétale.
L’ISO 26000 leur permettra d’appréhender les impacts de leurs décisions et activités, grâce à une approche globale, qui leur donnera la possibilité, par exemple, de ne pas traiter les impacts environnementaux au détriment des impacts sociaux en s’appuyant sur un dialogue avec les différentes parties prenantes.
L’ISO 26000 est élaborée au sein de l’ISO, l’Organisation internationale de normalisation. AFNOR, membre de l’ISO, a organisé la défense des intérêts français au sein d’une commission représentée par plus d’une centaine d’organisations.
Par définition, la norme d’application volontaire, éclaire, explique, donne des compléments d’information, évite les incompréhensions ou l’arbitraire. Elaborée par consensus, elle privilégie les intérêts du plus grand nombre d’acteurs. La négociation internationale autour de la norme ISO 26000 a été marquée par une ouverture exceptionnelle vers des acteurs peu familiers de la normalisation (consommateurs, syndicats de salariés,…).

ISO26000 panorama

En conclusion, cette nouvelle norme, même si elle ne se prétend pas comme une "norme d'organisation et de management", incite les entreprises et organisations à avoir une approche intégratrice où les valeurs humanistes et de responsabilité sont au coeur. Celà évite à ceux qui mettent en place ces démarches et qui ont pour tâche ultérieurement de les faire vivre,  les approches séparées qui empèchent la vision d'ensemble et complexifient tout celà pour les salariés avec des risques de contradiction dans les discours et les buts recherchés par les procédures mises en place. Une avancée donc que nous saluons et qui doit un peu plus permettre la mise en place de "bandes jaunes" protectrices pour les salariés ou sous-traitants employés par de nombreux groupes dans des pays à bas coûts salariaux et à législation sociale peu développée.

M.E.

Pour en savoir plus, lire ici le mini-guide explicatif réalisé par l'AFNOR

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Partenariats

CAP21 Nord Pas-de-Calais participe aux collectifs  régionaux :

- Sortir du Nucléaire,

- Contre l'exploitation des gaz de couche.

  • A Lille au Collectif "Place aux piétons et pour la mobilité douce"  pour une piétonnisation de la Grand Place de Lille dans un contexte de mobilité incitant à l'utilisation de transports doux (marche, vélo,...).
  • A Lesquin au Collectif "Lesquin Objectif 0,6" dans le cadre d'un combat des habitants pour une meilleure protection vis à vis des ondes électromagnétiques.

 

Lecture recommandée

CAP21 NORD PAS DE CALAIS vous incite à lire ces revues de grande qualité :

Revue-Durable-CH-.gif

 

 

Alternatives Economiques